En ville, une lutte symbolique

L’éditorial

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L’annonce ne manquera pas de faire des vagues. La Ville de Genève, appuyée par le Canton, entend renommer seize rues, places et parc aux patronymes de femmes qui ont marqué l’histoire genevoise. On ne parle pas de l’opération pionnière, mais éphémère, de l’association 100Elles, de couleur rose: ce sont des plaques officielles, les bleues, les vraies, qui se féminiseront. Un tout petit peu, il faut le dire, puisque, à l’heure actuelle, les femmes ne représentent que 7% des personnes ayant eu le privilège de donner leur nom à une rue genevoise.


Lire également: La Ville de Genève veut débaptiser seize rues pour les accorder à des femmes


On imagine déjà s’étrangler ceux qui se sont émus de l’opération, signée Sandrine Salerno, de féminisation des panneaux de circulation, y voyant encore un combat fantaisiste ou d’arrière-garde. Bien sûr, ce n’est pas avec la cosmétique urbaine qu’on refait l’histoire, dominée par les hommes. Bien sûr, d’autres combats sont à mener. Mais le fait même que ces retouches soient autant de polémiques en puissance en dit long sur le chemin qu’il reste à parcourir.

Qu’on le veuille ou non, la ville est, en soi, un espace de rapports de pouvoir. Le bâti, l’affichage public, la statuaire, les noms de rue sont constitutifs d’un langage symbolique qui tend à perpétuer l’invisibilisation des femmes – et des minorités – dans la société. Or c’est aussi par la déconstruction de ces représentations que passent les luttes pour l’égalité et l’inclusion.

Créé: 21.02.2020, 07h03

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