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Ce Vélib’ qui ne cesse de dérailler

Trois essais, trois échecs. Voilà où en est l’histoire des tentatives genevoises de se doter d’un réseau de vélos en libre-service, comme tant de villes ont réussi à le faire. Il y a eu le projet municipal, amorcé en 2007, qu’un litige avec les sociétés d’affichage a fait dérailler. Il y a eu le projet cantonal de l’ancienne ministre Michèle Künzler, victime d’une crevaison parlementaire en 2013. Sa remise en selle, entamée en 2014 par son successeur, Luc Barthassat, vient d’être victime d’une collision au Tribunal fédéral.

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Ce dernier aléa est ironique. À peine intronisé, le bouillant démocrate-chrétien avait mis à mort le projet agonisant de la Verte évincée, en se targuant de pouvoir faire mieux. À dix jours d’une tentative de réélection que les sondages ne lui donnent pas pour acquise, voici que le fanfaron magistrat voit son plan décapité, et en haut lieu.

Si les ricanements sont de mise, ils n’offriront pas un réseau public de vélos en libre-service à Genève. Après ces multiples efforts et autant d’échecs, on peut se demander s’il vaut la peine de poursuivre. On peut s’interroger notamment sur la pertinence d’un réseau de Vélib’ en 2018. Rappelons-nous que l’idée, à l’origine, devait surtout servir d’outil pour promouvoir un renouveau de la bicyclette en ville, souhaitable pour de multiples raisons, tant sanitaires qu’environnementales.

Or le cyclisme n’a pas attendu ce Vélib’ aussi évanescent qu’un Godot ou une Arlésienne pour connaître un bel essor à Genève. Que faut-il pour l’encourager encore? Plusieurs aspects viennent à l’esprit: le réseau cyclable reste à compléter et, quand il existe, il doit être respecté par les autres usagers. On est loin du compte. Il est aussi urgent que le vélo améliore son image alors qu’il est perçu comme une menace par d’autres usagers. Enfin, le vol de bicyclettes, une plaie, doit être combattu. Un Vélib’ est-il indispensable pour mener ces tâches à bien? Rien n’est moins sûr.

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