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Une vague féminine qui fait du bien

La coïncidence est frappante. Lundi, au lendemain d’un scrutin historique pour les femmes de ce pays, des centaines de manifestantes dénonçaient une réalité brutale. À partir de ce 21 octobre, les femmes allaient devoir «travailler gratuitement» jusqu’à la fin de l’année. Soit 71 jours. Un calcul qui met le doigt sur les discriminations salariales que continue de subir la moitié de la population helvétique, engendrant 18% de pouvoir d’achat en moins pour les femmes.

«La révolution violette se produit sans que des quotas aient dû être introduits en politique»

Cette inégalité crasse sur le marché du travail est une honte pour la Suisse. Espérons que le nouveau parlement sorti des urnes s’y attaque avec davantage de sérieux que ne l’ont fait jusqu’ici les autorités fédérales. Sans un vrai régime de contrôle et de sanctions possibles, le fossé en matière de rémunération perdurera.

La meilleure représentation féminine au Conseil national – 84 sièges sur 200, en augmentation de plus de 10 points – peut inciter à un certain optimisme. Surtout que la tendance est à la hausse dans tous les grands partis, à l’exception du PDC, habituel bon élève parmi les partis bourgeois. Et même au sein de la famille démocrate-chrétienne, les choses bougent: le Valais pourrait ainsi, pour la toute première fois de son histoire, élire une femme au Conseil des États le mois prochain.

À l’image de la lame de fond écologiste, cette vague-là ne réglera certes pas tous les problèmes. Mais elle ne peut qu’aller dans le bon sens: celui de la parité. Il est grand temps, près d’un demi-siècle après l’introduction du suffrage féminin dans toute la Suisse. Nombreux seront les dossiers, à Berne, qui pourront bénéficier d’un regard plus féminin et plus jeune.

La révolution violette est d’autant plus réjouissante qu’elle se produit sans que des quotas aient dû être introduits en politique. Si les femmes accèdent plus nombreuses que jamais au pouvoir législatif, c’est tout simplement parce qu’elles en ont les compétences et l’envie. Mais aussi parce que tous les partis les ont encouragées à s’engager. Mesdames, vous avez eu raison de crier votre colère dans les rues lors de la grève du 14 juin. Bravo d’avoir poursuivi le combat lors des élections fédérales. Votre succès est cent fois mérité.

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