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Il y a urgence à débattre du don d’organes

La Suisse souffre d’un manque chronique de donneurs d’organes. Pas moins de 1400 personnes sont en attente d’une greffe qui pourrait leur changer – voire sauver – la vie. Dont 2 à 3% d’enfants. Quinze de ces patients sont décédés entre avril et juin, faute de donneur providentiel. Les médecins ont beau tirer la sonnette d’alarme, les campagnes de sensibilisation se succèdent sans rien changer au problème.

Cette réalité crue, notre pays va devoir l’affronter sur le plan politique. Un débat inédit et délicat s’annonce, sous la pression d’une initiative populaire qui demande un changement de pratique à 180 degrés. Et qui nécessite un questionnement personnel de la part de chacun d’entre nous. Aujourd’hui, le prélèvement d’organes après la mort ne peut être envisagé que si la personne en a clairement exprimé la volonté de son vivant. L’initiative entend inverser le paradigme: chacun serait donneur à moins d’en avoir signifié le refus.

Ce modèle du consentement présumé a fait ses preuves dans de nombreux pays. Le Conseil fédéral s’y engage donc avec raison, mais aussi avec une prudence de Sioux. Il entend maintenir la nécessité de consulter la famille du défunt au moment fatidique. Seuls les refus dûment consignés dans un registre national feraient foi en toutes circonstances.

La nuance apportée par le gouvernement ne contribuera sans doute pas à clarifier un débat déjà périlleux sur le plan éthique.

Le parlement essaiera prochainement d’en tirer une solution acceptable et pragmatique. Le débat populaire qui pourrait suivre, à travers un référendum ou l’initiative en suspens, promet d’être émotionnel. Mais il doit avoir lieu et trouver une issue positive. Car rien n’est pire que l’incertitude au sujet du don d’organes quand la mort survient: elle conduit le plus souvent au refus des proches. Donc à une chance de moins de sauver une vie.

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