Passer au contenu principal

Uber, maître dans l’art du recours

Le 28 novembre 2014, moins de trois mois après l’arrivée d’Uber à Genève, les taxis ont demandé à la justice d’infliger des sanctions dissuasives à son encontre pour concurrence déloyale. Depuis, les plaintes n’ont cessé de pleuvoir, sans résultat, provoquant colère et manifestations du côté de la concurrence, des syndicats, d’un nombre croissant de politiciens et de chauffeurs Uber.

----------

Lire également La Suva considère qu’Uber est un employeur

----------

La Suva? Pour elle, ces derniers sont des salariés, elle l’a déjà dit, le Secrétariat d’État à l’économie aussi. La caisse nationale l’a encore répété jeudi. Mais rien n’y fait: Uber est passé maître dans l’art du recours en justice. Une décision à son encontre? Il fait appel. Un jugement contraire à ses intérêts? Il sollicite sa batterie d’avocats pour gagner du temps.

Le temps d’étouffer la concurrence. De faire voler en miettes des acquis sociaux si difficilement conquis au XXe siècle, comme le statut de salarié et les droits qui vont avec. À propos d’Uber, Mauro Poggia évoquait d’ailleurs dans nos colonnes en février des «invasions barbares qui se servent tant qu’elles ne trouvent pas de remparts sur leur chemin».

Les remparts? Dans un État de droit, il y en a, mais cinq ans après l’arrivée d’Uber, aux yeux de la concurrence et des chauffeurs, qui n’ont souvent pas d’autres choix que de travailler avec Uber, ils n’ont servi à rien. Combien de taxis ne roulent plus? Combien de partenaires d’Uber sont exsangues, après avoir investi dans une voiture mais vu la commission de la multinationale s’étoffer et le nombre de courses diminuer?

Le discours, face à cette start-up jadis jugée innovante, a changé. Les critiques affluent désormais, même dans l’antre de l’ogre californien. En mai, la presse américaine s’intéressait aux chauffeurs Uber dormant dans leur voiture à San Francisco pour joindre les deux bouts. En juin, le cofondateur d’Uber achetait une demeure à 71 millions de dollars à Beverly Hills…

Mais tout va bien, nous dit-on, car la justice suit son cours.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.