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Ne tuons pas le paradis de la Jonction

Appuyés de tout leur corps sur le bastingage, des jeunes, penchés au-dessus des eaux tumultueuses, se laissent griser en mode «Titanic». Nous sommes à l’extrême pointe de la Jonction, lieu magique où Rhône et Arve se rejoignent. Pendant des décennies, ce triangle aux bords verdoyants, enchâssé dans le fleuve, a alimenté tous les fantasmes. Voilà dix ans, Genève voulait y attirer l’EPFL qui devait installer là un centre de calcul dont seul le nom, Blue Brain, était attractif. Parmi bien d’autres projets, le Conseil d’État s’est mis en tête, en 2010, d’y faire collaborer scientifiques et artistes pour créer un centre mondial du cerveau. De tout cela, il ne reste rien, si ce n’est le monstrueux dépôt TPG incrusté dans ce cul-de-sac depuis des âges, à l’encontre de toute logique et esthétique.

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Les Genevois n’ont pas attendu le parc public, dernier projet à l’ordre du jour, pour s’approprier l’espace, se jetant au Rhône voilà déjà une petite dizaine d’années. Une initiative spontanée qui a connu un succès fulgurant. Les bords du fleuve sont devenus le haut lieu de la baignade urbaine. Non sans nuisances ni dangers. Ville et Canton ont suivi le mouvement, dans le désordre. Des pontons de-ci de-là, une buvette sympathique, des bouées de sécurité au fil de l’eau, tout cela dans un bel esprit d’improvisation et souvent à contre-courant. L’inévitable s’est produit: les voisins, las des effluves de grillades et de fêtes jusqu’à l’aube, se sont opposés à tout nouvel aménagement, y compris en matière de sécurité. Le tribunal vient de leur donner raison. Juridiquement, le jugement est béton. Au point que même les installations actuelles pourraient être remises en cause.

Mais quel gâchis si on continue dans cette veine-là. Les bords du Rhône constituent un extraordinaire espace de liberté dans une ville qui en manque cruellement. Ne tuons pas ce petit bout de paradis à coups d’oppositions. Ville et État, dans l’esprit de confrontation qu’on leur connaît, ont laissé les choses partir à la dérive. À eux de reprendre la main afin de préserver ce petit paradis et surtout en garantir l’accessibilité et la sécurité. Alors commençons par remettre les bouées salvatrices. Et ensuite que les autorités s’investissent, en bonne coordination, afin de proposer un plan qui tienne l’eau. L’été 2019, c’est déjà demain

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