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Ne tirez pas sur la messagère Greta

Jeudi 1er août, onze milliards de tonnes de glace ont fondu au Groenland… en un seul jour! L’équivalent de 4,4 millions de piscines s’est déversé dans les océans. Océans sous la loupe d’experts se livrant une véritable bataille des chiffres pour prédire la montée des eaux qui nous tombera dessus d’ici à la fin du siècle. Quel que soit le résultat, il ne sera pas bon, ni celui du bilan carbone, de la biodiversité, des pesticides et de tant d’autres plaies que nous infligeons à notre planète. Tout cela, nous le savons, cela nous angoisse, donc nous ne voulons pas le savoir.

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Alors, quand Greta Thunberg vient, à notre descente d’avion low cost, nous marteler comme un petit robot la triste réalité climatique, on doute. On la dit manipulée, les plus lâches l’agressent sur son physique, les plus pédants sur les chiffres qu’elle brandit, qui sont en gros ceux du GIEC, un groupe d’experts respecté. On lui reproche de prendre une année sabbatique pour son combat. Or, certains font en un an le tour du monde avec leurs enfants pour une cause moins louable sans déclencher autant d’hystérie.

On se moque de son voilier pour rallier New York et le sommet du climat onusien. Mais certaines classes boudent elles aussi l’avion pour le train lors de leur voyage d’études. Il faudrait peut-être rappeler juste cela. Greta Thunberg a convaincu des millions de jeunes de quitter leur canapé et leur léthargie adolescente pour s’engager en faveur d’une cause, et pas la moindre, vu l’urgence. Elle est célèbre, elle en joue, tant mieux. Leonardo DiCaprio essaie de sauver la planète depuis des décennies, Jaden Smith lance à 18 ans le business de l’eau 100% écolo, Justin Bieber, Ed Sheeran et une trentaine d’artistes chantent pour le climat, acteurs et influenceurs se mobilisent en France pour «l’affaire du siècle».

Alors, pour une fois, soyons un peu pragmatiques. Peu importe le porteur du message, pourvu qu’il soit entendu. Si nos enfants, millennials, génération Y, Z, que sais-je, sont plus sensibles à la voix de Greta qu’à celle de notre ministre pour l’environnement, c’est très bien. Ne dit-on pas que l’avenir de la planète est entre leurs mains? Alors laissons-les choisir leurs porte-drapeaux.

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