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En Syrie, les cendres s’embrasent

Nous avons tous vu et entendu cette semaine les larmes et les cris. Cette fois, ils proviennent de la Ghouta orientale, cette banlieue de Damas assiégée par l’armée gouvernementale. Les images sont abominables. La compassion et l’indignation sont justifiées. Mais elles ne changent rien sur le fond. Car cette guerre ne s’arrêtera pas. Du moins pas tout de suite.

L’admettre n’est pas faire preuve d’indifférence face au sort des innocents. C’est au contraire reconnaître l’implacable réalité de ce conflit. Il est le fait de forces profondes qui dépassent de loin les Syriens. Sur le terrain, les alliances donnent le vertige. L’ennemi d’hier devient l’ami d’aujourd’hui. À des milliers de kilomètres de là, les grandes puissances se livrent à un jeu à trois ou quatre bandes, laissant planer l’impression qu’elles-mêmes n’anticipent plus les conséquences de leurs actions.

Il faut donc regarder cette tragédie à travers les yeux de ses acteurs. Aux côtés de Bachar el-Assad, l’Iran et la Russie ont investi énormément de moyens. Pour Téhéran, c’est un retour sur la scène régionale. Pour Moscou, il en va de même à l’échelle mondiale. Et voici qu’à son tour la Turquie s’implique de plus en plus activement. Pour Ankara, il s’agit de tuer dans l’œuf les ambitions kurdes.

Suisses, Européens, Occidentaux n’ont longtemps voulu voir en Syrie qu’une priorité: la lutte contre le groupe État islamique. Si l'offensive contre cet obscurantisme était indispensable, elle ne dispensait pas de voir au-delà. Qu’adviendrait-il des Kurdes lorsqu’ils ne serviraient plus à combattre Daech? Que deviendraient les autres zones qui échapperaient encore au contrôle de Damas? Aujourd’hui, Daech, ennemi numéro un de l’Occident, bat en retraite. Reste toutes ces autres guerres qui couvaient sous les cendres. Et devant nos yeux, les voici qui s’embrasent à nouveau.

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