Syndicats: l’art de crier avant d’avoir mal

L'éditorial

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La rentrée politique a pris mercredi la forme du ruisseau valaisan transformé en torrent de boue. En trois heures à peine, les syndicats ont envoyé l’accord institutionnel avec l’UE au tapis et le ministre de l’Économie, Johann Schneider-Ammann, dans les cordes. Pas sûr que le premier se relève. Quant au second, à un an et demi de la fin de sa carrière politique, il a rétorqué avec l’énervement poli d’un Bernois qu’il acceptait beaucoup de choses, mais pas que l’on mente sur ses intentions. Ambiance.


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La négociation institutionnelle entre la Suisse et l’Union européenne est donc tombée sur un os plus dur que les pseudo-«juges étrangers». Il s’agit désormais de savoir s’il est possible de réaménager les mesures d’accompagnement. Les syndicats ont rappelé mercredi qu’ils les considéraient intouchables. Parce que les salaires suisses sont parmi les plus élevés d’Europe. Parce que la pression sur le marché du travail est énorme. Parce qu’en définitive personne ne veut des salaires à 8 francs l’heure sur les chantiers. Le patronat, romand du moins, ne dit pas autre chose.

Les syndicats sont sans doute réalistes sur les attentes de la Commission européenne vis-à-vis de la Suisse. Bruxelles a critiqué les mesures d’accompagnement depuis leur introduction en 2004 comme un obstacle au marché unique.

Il s’agit désormais de savoir s’il est possible de réaménager les mesures d’accompagnement. Les syndicats ont rappelé qu’ils les considéraient intouchables.

Elle rêve que la Suisse reprenne ses propres règles de protection du marché du travail. Et les négociations sur le Brexit continuent de parasiter le dossier suisse avec une Commission européenne qui se montre encore plus dogmatique qu’avant.

Mais les syndicats sont de mauvaise foi quand ils hurlent que le Conseil fédéral est prêt à affaiblir la protection du marché du travail pour avancer avec Bruxelles. Il s’agit à ce stade de voir si une proposition de compromis se dégage, rien de plus.

Pourquoi refuser de s’asseoir à une table et d’en discuter? Dans une négociation, celui qui propose fait preuve de bonne volonté. C’est bien sur cette même bonne volonté que s’est construite la voie bilatérale jusqu’à présent. (TDG)

Créé: 08.08.2018, 22h16

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Lise Bailat, Correspondante parlementaire

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