La Suisse doit réussir sa réforme fiscale

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Au cœur de l’hiver 2017, l’échec avait été cinglant: la réforme de l’imposition des entreprises, troisième du nom, était balayée par près de 60% des votants. Dix-huit mois plus tard, l’équation reste la même. Sous la pression internationale, la Suisse doit supprimer les «statuts spéciaux» qui permettent à quelque 24 000 multinationales d’obtenir un maximum d’allégements fiscaux.

Le degré d’urgence, lui, s’est accru. Un à un, les pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) baissent les impôts qui frappent les sociétés. L’érosion s’est même accélérée ces dernières années, selon un récent rapport de l’OCDE. Si elle entend rester compétitive, la Suisse doit suivre le mouvement. Et donc diminuer la charge fiscale qui pèse sur l’ensemble des entreprises. Tel est l’enjeu majeur de la session parlementaire qui s’ouvre ce lundi sous la Coupole fédérale.

«Le paquet ficelé par le Conseil des États exige un important effort collectif»

En cas de nouveau revers, beaucoup craignent de voir des sociétés plier bagage. Les directeurs cantonaux des Finances n’ont pas hésité à brandir cette menace dans une lettre envoyée dans l’urgence à tous les conseillers nationaux, appelés à débattre du projet mercredi déjà. Le ton de cette missive, relayée par la «NZZ am Sonntag», traduit la nervosité des grands argentiers: «Le statu quo n’est pas une option. Ne rien faire coûterait bien plus cher.»

Voilà qui risque de crisper encore davantage les fronts à Berne, où l’on n’aime guère voter en ayant le dos au mur. L’opposition se fait chaque jour plus féroce, en particulier autour des compensations sociales censées amortir les pertes de recettes fiscales. Le paquet ficelé de haute lutte ce printemps par le Conseil des États exige en effet un important effort collectif: il prévoit des contributions supplémentaires versées à l’AVS par les employés, les employeurs et la Confédération.

On est loin de la réforme en profondeur de la prévoyance vieillesse qui a, elle aussi, sombré dans les urnes l’an dernier. Mais ce compromis bien helvétique a le mérite de s’attaquer de manière concrète et rapide au financement des retraites. Un problème devenu au fil des ans le souci numéro un des Suisses. (TDG)

Créé: 10.09.2018, 07h23

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Patrick Monay, chef de la rubrique Suisse

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