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Sortir du repli, le plus grand des défis

Quand et comment faire redémarrer cette Suisse qui vit au ralenti depuis un mois? C’est l’épineuse question qui taraude aujourd’hui le Conseil fédéral. De tous côtés, la pression monte. De la gauche syndicale, qui réclame contre vents et marées un confinement généralisé et l’arrêt des chantiers, aux milieux économiques qui exigent une réouverture rapide des écoles et des commerces, le spectre des attentes est large. Quoi qu’il fasse, le gouvernement s’attirera les foudres d’une partie du pays.

La bonne nouvelle, c’est que la crise du coronavirus a déjà aguerri nos sept Sages. Ils ont dû prendre des décisions inouïes, à une cadence bien peu helvétique: interdiction des rassemblements, fermeture des cafés-restaurants, des établissements scolaires et des universités, plans de soutien aux entreprises touchées… Mais la mauvaise, c’est que l’enjeu s’avère désormais encore plus délicat. Il s’agit d’éviter à tout prix une nouvelle flambée du nombre d’infections.

On sent cette difficulté dans chaque intervention d’Alain Berset et de ses collègues. Appelés à commenter l’aplanissement tant attendu de la courbe des nouveaux malades, ils se gardent bien d’afficher trop d’optimisme. Le mot d’ordre, c’est d’exhorter inlassablement à la vigilance. Tout relâchement dans le respect des directives de sécurité pourrait avoir des effets désastreux.

«La tactique gagnante repose probablement sur une bonne dose de prudence et de patience»

Dans les pays qui nous entourent, chacun y va de son plan de déconfinement – ou pas. Pendant que l’Autriche desserre l’étreinte, la France prolonge ses mesures, tandis que l’Italie avance en ordre dispersé. Impossible d’y trouver une stratégie claire qui serait aisément transposable à la Suisse. C’est donc au Conseil fédéral seul qu’il appartient de trouver le bon scénario. Une solution qui pourra convenir – difficulté supplémentaire – à tous les cantons, alors que la réalité de la pandémie y est vécue de manière très diverse.

Jusqu’ici, le gouvernement a eu le mérite de garder la tête froide. Il est monté en puissance dans sa réponse à la crise sanitaire et économique. Alain Berset parle volontiers d’un marathon à disputer jusqu’au bout. Pour réussir cette épreuve, la tactique gagnante repose probablement sur une bonne dose de prudence et de patience.

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