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Solitaires et solidaires

L’impact d’une pandémie sur la santé mentale des gens peut être comparé, toutes proportions gardées, à celui d’une guerre, selon le professeur de psychiatrie Panteleimon Giannakopoulos, qui rejoint ainsi Emmanuel Macron. Mais une guerre sans ennemi visible. Une lutte où le méchant, c’est tout le monde: la voisine qui lave son linge à la buanderie, le postier, la caissière du supermarché, le pharmacien. Un combat à mener contre chaque particule de métal et contre l’air qu’on respire. Épuisant! L’anoxie psychique guette. Vigilance constante et confinement ont de quoi user les réserves nerveuses les plus vitaminées. Et plus ça dure, plus c’est dur, évidemment. Chacun navigue entre la nécessité sociale d’un minimum de solidarité et l’obligation sanitaire du repli sur soi. Entre le solidaire et le solitaire, comment maintenir son équilibre?

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C’est pourtant là qu’il réside, l’équilibre. Le psychiatre est clair: celui qui, en cette période, se recroqueville sur lui-même court à l’usure de ses ressources. Panteleimon Giannakopoulos en appelle à l’ouverture, à l’attention aux autres, même virtuelles. Comme ce nouveau coronavirus, le siphonnage de la joie de vivre qu’il provoque n’épargne personne. Alors plutôt que de voir un agresseur en chaque quidam croisé sur le trottoir, on peut en faire un compagnon d’infortune. De loin. Lui rendre un service, même petit. On peut penser à ceux qui travaillent, à ceux qui ne travaillent plus, à ceux qui sont entassés dans un studio, à ceux qui sont seuls, sans visite, sur un lit d’hôpital ou dans un EMS, à ceux qui manquent non seulement de liberté, comme chacun dans cette crise, mais aussi de tout le reste, à ceux qui ont raté plus que l’arrivage de papier-toilette: la distribution du minimum vital.

Parce qu’une fois le péril sanitaire écarté, on continuera à vivre ensemble. Le monde sera sûrement un peu différent. Pourrait-il être meilleur? Si on traverse cette pandémie unis, coudes au corps, pourquoi pas?

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