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Regula Rytz part avec des handicaps

Pour entrer au Conseil fédéral, il faut forcer la porte et se prendre quelques claques avant d’avoir du succès. L’UDC le sait très bien. Elle a dû envoyer au front nombre de candidats avant que Blocher puis Parmelin finissent par décrocher un deuxième siège au Conseil fédéral. La présidente des Verts, Regula Rytz, et candidate au gouvernement risque fort à son tour de se ramasser devant le parlement fédéral le 11 décembre.

Regula Rytz a pourtant des qualités indéniables. Elle connaît bien la Berne fédérale en tant que conseillère nationale aguerrie et elle a exercé une fonction d’exécutif à la Ville de Berne. Elle conjugue enfin parfaitement la vague féminine et verte qui a déferlé sur les dernières élections fédérales.

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Bingo? Non, pas bingo. La Verte part avec de gros boulets aux pieds. Le premier, c’est qu’il n’y a pas de place vacante. Il faut donc déboulonner un ministre sortant. Rytz justifie cette éviction rare par «l’urgence climatique». Curieusement, cette urgence ne s’impose aux yeux de la Verte qu’à l’encontre de Cassis. Pas question de toucher à un cheveu de Keller-Sutter, par exemple, car c’est une femme. Il faudrait savoir ce qui est prioritaire: le climat ou la question du genre?

«Il faudrait savoir ce qui est prioritaire: le climat ou la question du genre?»

Pour Rytz, les deux éléments sont cruciaux. En revanche, elle n’a aucun état d’âme à se débarrasser du seul représentant des italophones au Conseil fédéral. Un peu léger quand on sait l’importance des minorités linguistiques en Suisse, Romands compris.

L’autre boulet, qui plombe la candidature Rytz, c’est sa prétention à additionner des pommes et des poires, les voix des Verts et celles des Vert’libéraux. Or ces derniers sont tout sauf enthousiastes face au profil de Rytz, qu’ils trouvent beaucoup trop à gauche. Si la mouvance écolo n’arrive même pas à s’entendre sur une candidature, c’est mal parti pour la suite.

La suite, c’est l’avis des grands partis. Là aussi, on ne décerne aucun engouement notable en faveur de la candidate. Regula Rytz s’apprête donc à aller au casse-pipe. Mais elle aura la satisfaction d’avoir ouvert la voie. Car si les Verts confirment leur progression dans quatre ans, la formule actuelle gouvernementale ne tiendra plus longtemps.

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