Revendiquons le droit à la déconnexion

L'éditorial

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Le chiffre au-dessus de la petite enveloppe signalant le nombre de courriers électroniques ne cesse d’augmenter au fil de la journée. Même en congé, difficile de résister à la tentation d’y jeter un œil. Si jamais l’une des missives était urgente… et puis, c’est toujours ça à trier en moins dès le retour au bureau.


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Presque chaque travailleur moderne connaît ce type de comportement malsain. Soyons clairs: nous exagérons. Selon une étude menée par l’Institut français (les chances que notre comportement diffère de celui de nos voisins français sont minimes) de la statistique et des études économiques (INSEE), nous restons le nez plongé sur les écrans en moyenne quatre heures par jour, soit l’intégralité de notre temps libre et social à disposition – phase de végétation devant la télévision non comprise! Transformé en doudou, notre smartphone a droit à notre attention environ 221 fois par jour. La photo de notre patron a plus de légitimité à apparaître sur nos écrans de veille que celle de notre progéniture.

La technologie a envahi notre espace public, notre tête, nos rêves agités parfois. Elle donne à certains une sensation, souvent légitime, d’engloutissement, d’aliénation, de profonde solitude. Internet n’apporte pourtant pas toujours le pire: la Toile offre un champ des possibles dont personne n’aurait osé rêver il y a moins de cinquante ans de cela. L’hyperconnectivité n’est pas non plus responsable de la gourmandise des dirigeants de la finance et de l’économie. Les conditions de travail se durcissent dans tous les secteurs. La numérisation n’en est pas la cause, elle en représente l’un des moyens.

Les mesures de lutte contre ces temps modernes version wi-fi se résument finalement en des gestes assez simples. A nous de tenir éloignée l’une de l’autre la sphère privée et la sphère professionnelle afin d’éviter qu’elles ne se fondent ensemble. Une opération qui requiert un niveau de complexité moyen: un effort intellectuel et de volonté, une pression sur le bouton de veille, peut-être deux cartes SIM. Surtout, revendiquer le droit à la déconnexion. Une chose est sûre: personne d’autre ne le fera à notre place. (TDG)

Créé: 06.10.2017, 07h54

Lucie Monnat, rubrique Suisse

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