Retraites: le pari du compromis dynamique

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Ce qui s’est passé ce mardi à Berne est intéressant à plus d’un titre. Après l’échec dans les urnes de deux projets successifs de réforme des rentes du deuxième pilier, les syndicats, dont l’USS désormais présidée par Pierre-Yves Maillard, et le patronat étaient mis au défi de proposer une nouvelle solution. La voici sur la table. Ou plutôt, les voici. Car les organisations économiques sont divisées: l’Union suisse des arts et métiers fait bande à part et propose son propre projet.


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Cela étant, la solution majoritaire dit le chemin que chacun a parcouru. Avec un peu de malice, on pourrait même la qualifier de compromis dynamique à la vaudoise. Les rentes LPP vont diminuer, évolution de l’espérance de vie et des rendements oblige. Le patronat a obtenu raison. En contrepartie – c’est la grande nouveauté – le projet prévoit des suppléments de rente, financés de manière solidaire, pour compenser les pertes des futurs retraités. Autrement dit, le deuxième pilier deviendrait une assurance qui redistribue, alors qu’aujourd’hui chacun y cotise pour soi, avec son employeur. Les syndicats ont gagné une manche.

«On pourrait même qualifier la solution de compromis dynamique à la vaudoise»

Ce changement de paradigme empourpre l’USAM et déplaît aux partis de droite. Dans la législature actuelle, on donnerait peu de chances à ce projet. Mais les syndicats et l’Union patronale suisse ont fait un pari. La réforme du 2e pilier ne sera empoignée que par le prochain parlement fédéral, issu des élections d’octobre, dont les observateurs attendent une capacité de compromis plus importante. Ils ont sans doute aussi noté qu’en politique comme avec ses enfants, lorsqu’on tire le sparadrap d’un coup sec, il faut toujours prévoir un moyen immédiat de faire oublier la douleur. Aucune baisse des rentes ne saura trouver une majorité sans mesures de compensation. Ils savent aussi que le plan doit rester supportable financièrement. L’Union patronale lui offre à ce titre une caution que la droite et l’USAM auront de la peine à faire oublier. L’avenir des retraites figure parmi les principaux soucis des Suisses. C’est aussi le pari que le niveau d’urgence soit atteint, ce fameux stade où le nécessaire prend le pas sur le souhaitable.

Créé: 02.07.2019, 22h07

Lise Bailat, correspondante à Berne.

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