La retraite à 67 ans, cela vous tente?

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Depuis vingt ans, toutes les tentatives de réforme de notre système de prévoyance vieillesse se sont soldées par un échec. Aujourd’hui, un plan est enfin sur la table. Les Suisses voteront le 24 septembre.


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Sept ans de négociations intenses ont accouché d’un monumental projet, compromis helvétique dans la plus pure acception du terme. Difficile de s’y retrouver tant le texte est touffu et les calculs complexes. Dans une campagne acharnée où les exemples très particuliers, voire virtuels, s’annulent souvent, il faut en priorité répondre à deux questions. La première: est-ce que la réforme pénalise clairement des tranches de population importantes ou très fragiles? La réponse est non. Et Alain Berset, ministre socialiste, qui a participé mardi au grand débat «Tribune de Genève» sur la Prévoyance 2020, fut très convaincant sur ce point. Quand on lui dit que les femmes qui devront travailler un an de plus et seront privées d’une année de rentes AVS sont les doubles victimes de la réforme, il réplique que celles qui travaillent à temps partiel – 500 000 environ – toucheront une meilleure retraite. La réalité de ces professionnelles-là, oubliées du système actuel, pèse lourd dans la balance. Le projet est taillé pour les nouveaux modes de vie et de travail. Un progrès essentiel.

Deuxième question: est-ce que la réforme présente un intérêt collectif majeur? Incontestablement oui. Et c’est la grande force de cette réforme. Car au-delà des petites tares et avantages concrets que l’on peut énumérer sans fin, la réforme permet de sauver le système de retraites pour les générations futures, 1er et 2e piliers confondus, tout en assurant le niveau des rentes de la génération des baby-boomers, particulièrement exposée. Aucun projet présenté depuis vingt ans n’a pu donner de telles garanties.

Si le projet est refusé, le déficit des caisses va devenir rapidement abyssal. C’est irréfutable. Et il est illusoire de croire que l’improbable couple composé d’opposants d’extrême gauche et de la droite dure soit capable de présenter une alternative viable dans un délai raisonnable. Les mesures de correction pour sauver, s’il est encore temps, le système de prévoyance de la faillite seront alors brutales. Et la retraite à 67 ans pour toutes et tous deviendra inéluctable. Est-ce cela que le peuple veut? (TDG)

Créé: 13.09.2017, 22h54

Pierre Ruetschi,
Rédacteur en chef

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