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Rester père n’est pas à la portée de tous

La garde alternée serait-elle un luxe? C’est l’embarrassante question qui vient à l’esprit lorsque l’on parcourt les études réalisées en Suisse et ailleurs sur les couples séparés qui ont choisi de partager les tâches parentales et l’hébergement de leur progéniture après leur séparation. «Des études plus spécifiques montrent que ce mode de garde est inégalement distribué dans la population, puisqu’il est avant tout appliqué par des parents issus de milieux socioéconomiques aisés», écrivaient ainsi en 2017 des experts mandatés par le Conseil fédéral pour approfondir la question.

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Le constat est gênant, et d’autant plus qu’il est désormais couramment admis que, dans la plupart des cas, le maintien d’un lien fort avec les deux parents est profitable à l’enfant. Sans être le modèle prioritaire en Suisse, la garde partagée est devenue en 2014 une solution «à encourager». Seulement voilà, pour des raisons financières notamment, cet idéal n’est pas accessible à toutes et à tous.

Si l’on n’a pas un revenu confortable, comment assumer un second logement assez grand pour accueillir ses enfants tout en dégageant du temps pour eux en travaillant à temps partiel? Eh bien, souvent on ne peut pas! Et l’affaire se règle par le biais d’un droit de garde exclusif à la mère et un droit de visite plus ou moins élargi au père.

Une solution qui correspond parfois au souhait des deux parents, mais qui peut aussi être simplement la seule option viable pour les deux membres de l’ancien couple. Cette limitation dans le choix a de plus un effet pervers. Alors que la société évolue et que les nouveaux schémas familiaux tendent vers un partage un peu plus équilibré des rôles entre hommes et femmes au sein des couples, ce frein renvoie tout le monde un siècle en arrière: les femmes à leur rôle de gardiennes du foyer et les hommes à leur mission d’assurer la pitance. On peut rêver mieux comme évolution.

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