Promettre la Lune, la grande illusion

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Cinquante ans plus tard, l’émerveillement est intact. Pour célébrer le premier homme sur la Lune, le monde a une nouvelle fois les yeux rivés en direction de notre satellite naturel. Comme l’a toujours voulu la NASA, les marcheurs lunaires sont devenus des stars, leurs exploits refont les unes du monde entier. Mais, passé la nostalgie d’une époque révolue, la question résonne de plus en plus fort: et maintenant? Chez les plus raisonnables, ce qui a été réalisé avec des ordinateurs des milliers de fois moins puissants qu’un simple smartphone doit être répété. D’où la multiplication de projets «pour y retourner», voire pour aller plus loin. Nul doute que l’on y parviendra, ces objectifs sont atteignables. Et souhaitables.


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Mais chez d’autres la machine à fantasmes tourne à plein régime. Séduits (aveuglés?) par les annonces des acteurs privés du New Space, qui promettent une colonisation de la Lune dans les quinze ans, de terraformer Mars et même, à terme, de voguer vers de nouveaux mondes, d’aucuns se voient déjà quitter une Terre suffocante et surpeuplée pour ne plus y revenir. «Trouver une nouvelle planète agréable où s’installer lorsque la Terre sera devenue inhabitable est complètement stupide, aussi bien pour des questions physiques qu’éthiques», douche le chasseur d’exoplanètes Michel Mayor, à qui n’a pas échappé l’impossible équation que représenterait un tel exode. Patrick Gyger, ancien responsable de la Maison d’Ailleurs, dénonce de son côté «l’absurdité» de tels projets.

«Des sondes pousseront l’exploration toujours plus loin. L’homme, c’est moins sûr»

Qui partirait? Sur quels critères? Pour aller où et poussé par quelle technologie? Loin d’un direct Lausanne-Genève avec cadence au quart d’heure, une telle expédition laisse des questions sans réponses que les ayatollahs du voyage spatial ne se posent pas. Ils n’en ont cure. C’est pourtant tout le sujet. Symbolisée par la célèbre photo du lever de Terre d’Apollo 8 et rappelée par tous les astronautes, de Claude Nicollier à Thomas Pesquet, la fragilité de la planète bleue et sa protection n’est pas un délire d’écolos. Des sondes pousseront l’exploration toujours plus loin. L’homme, au-delà d’un certain seuil, c’est moins sûr. N’en déplaise aux prédicateurs d’autres mondes.

Créé: 13.07.2019, 08h07

Emmanuel Borloz, journaliste

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