Primes maladie: à qui la faute?

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Avec +4% en moyenne, l’augmentation des primes maladie pour l’an prochain n’est pas aussi spectaculaire que certains le prédisaient. Ce serait oublier que les coûts de la santé, et les primes qui en découlent, croissent nettement plus vite que le renchérissement. A qui la faute? La question dérange. On préfère ne pas la poser, de peur d’avoir à se remettre en question.

Car oui, à qui la faute? Un peu à tout le monde! Les patients qui sont tous des assurés veulent le meilleur de la médecine et ils sont prêts à se saigner pour accéder à tout, tout de suite et volontiers tout près de chez eux.

Les médecins plaident en théorie pour la «Smarter medecine», cette discipline qui évalue les soins selon les critères de l’adéquation, de la nécessité et de l’économicité. Mais ceux qui remettent en question leurs pratiques restent rares. Et quand il s’agit de créer des outils de contrôle de la qualité, la branche se cabre, peu désireuse qu’on vienne la bousculer là où ça fait mal.

«La spirale des coûts et des primes reflète un paysage de la santé inquiétant»

Les hôpitaux, les cliniques, les médecins, les assureurs, tous savent que les tarifs médicaux intègrent des incitatifs négatifs aberrants; mais qui a intérêt à les remettre en cause? Telle une litanie, les assureurs veulent toujours en finir avec l’obligation de contracter. Mais ils savent que ni les médecins ni les patients n’acceptent cette remise en cause du libre choix du médecin. Pour piloter davantage le système de santé, les assureurs doivent convaincre. Ils n’y arriveront pas en se livrant, en coulisses, des guerres de pouvoir opportunistes. Leurs divisions stériles les affaiblissent plus qu’elles ne les renforcent.

La spirale des coûts et des primes reflète un paysage de la santé inquiétant. On y lit, en creux, l’extrême minceur de la marge d’action politique sur un système d’assurance sociale livré aux calculs d’une foule d’acteurs. Tous se nourrissent sur la bête, leurs revenus étant garantis par l’obligation de cotiser des citoyens. (TDG)

Créé: 25.09.2015, 07h18

François Modoux, journaliste (Image: Odile Meylan)

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