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Le prestige n’a pas de prix

Avec la Laver Cup, Genève va découvrir demain la compétition de tous les superlatifs. Construire une arène de 17 000 en trois semaines, asseoir sur un même banc 50 titres du Grand Chelem (Federer-Nadal-Borg), placer un micro entre John McEnroe et Nick Kyrgios, rien n’est impossible dans cette version du «tennis 2.0».

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Or de tout temps, l’innovation et l’opulence ont fasciné autant qu’elles agacent. Et le bébé du duo Federer-Godsick grandit, depuis deux ans, avec les oreilles qui sifflent. Il y eut le procès en régicide, comme si l’agonie de la Coupe Davis avait été accélérée par sa naissance. Le procès en iconoclastie; un super tie-break à la place du troisième set, quelle hérésie! Celui du dilettantisme puisque, par essence, une exhibition ne saurait être sérieuse. Et enfin le pire de tous, le procès en cupidité. Stars grassement payées, places chères, sponsors haut de gamme, l’argent devient louche quand tout est trop beau.

Or depuis 2017 et la grande première à Prague, la Coupe Davis s’est débranchée toute seule tandis que même Wimbledon inventait un tie-break absurde. Assez pour envisager que la Laver Cup aurait pu avoir raison avant tout le monde? L’idée fait son chemin et, hier, deux phrases de Björn Borg ont peut-être suffi à recadrer le débat.

«La Laver Cup n’a jamais été une exhibition, il y a trop de prestige en jeu. Chez les joueurs, personne ne veut perdre.» Bien plus que le chèque qu’elle distribue, la Laver Cup attirerait donc par le statut qu’elle décerne. Il faut en être, tout simplement. Pour être adoubé par l’histoire du jeu, laquelle vous regarde depuis le bord du terrain. Et une fois dans l’arène, il faut s’en montrer digne, ce qui rend la victoire inestimable.

S’incliner sous les yeux McEnroe et malgré les conseils de Federer ou Borg secoue plus que de craquer devant 10 000 inconnus. Tel est le coup de génie de la Laver Cup. Alors bien sûr, son conclave de légendes coûte cher. Mais le prestige qui en découle n’a pas de prix.

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