Présidence: le symptôme d’un malaise

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Étrange exécution. Jeudi en toute fin de soirée, le Grand Conseil a abrogé en urgence une des rares innovations de la Constitution cantonale de 2012, la présidence unique du Conseil d'État pour cinq ans. Le débat fut bref, les recommandations de la commission renversées en plénière, et, au moment du vote, le MCG a fait pencher la balance. Que reproche-t-il à la nouvelle institution? On l’ignore, le parti n’a rien dit durant le débat.

On ne pleurera pas la présidence unique. Sa création visait à donner un interlocuteur stable à nos partenaires institutionnels, cantons, région voisine et États étrangers. Elle y a réussi, selon les témoignages. Mais, entre 1847 et 2012, Genève a fait sans. La Confédération s’en passe toujours sans problème. Clairement, si le peuple validait la fin de la présidence unique, ce ne serait pas un drame.

Mais on n’a guère donné à ce système le temps de faire ses preuves. En 2013, François Longchamp se concentre sur les relations extérieures et l’animation du collège. Il est brocardé comme un coupeur de rubans. Pour échapper au reproche, Pierre Maudet prend en plus deux politiques publiques, la sécurité et l’économie. Son successeur, Antonio Hodgers, fait de même avec l’aménagement et le logement. Absent de certaines réunions intercantonales importantes, ce dernier ploie visiblement sous la charge.

Aurait-il été possible de trouver une organisation plus réaliste? Impossible, vu l’affaire Maudet justement! Elle a déjà entraîné de nombreuses réorganisations du gouvernement qui se sont terminées sur un déséquilibre complet des charges entre les différents départements. La situation perdurera tant que l’intéressé restera au gouvernement.

Sur la forme et sur le fond, l’abrogation de la présidence unique est symptomatique des difficultés de la vie politique genevoise.

Créé: 22.11.2019, 18h14

Marc Bretton
Rubrique Genève

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