Poutine, le petit père des populistes

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Vladimir Poutine maîtrise parfaitement l’art de la mise en scène. Alors qu’il posait le pied vendredi au Japon pour le sommet du G20, son interview dans le «Financial Times» faisait déjà le tour du monde. Le coup du président russe est habile: choisir un média occidental de premier plan pour y dire tout le mal qu’il pense de ce même modèle occidental.


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L’entretien est frappant à plusieurs titres. D’abord, bien sûr, par son contenu. Vladimir Poutine y assène de violents coups de boutoir contre l’Occident. À ses yeux, la pensée libérale a perdu sa raison d’être. Le multiculturalisme est un échec, à tel point qu’il laisserait les migrants tuer, piller et violer impunément les Européens. Quant aux questions de genre, s’il affirme ne rien avoir contre la communauté LGBT, il rejette vigoureusement l’idée que le sexe d’un individu puisse changer.

Ces propos montrent aussi à quel point la position du maître du Kremlin est passée de la défense à l’attaque. Hier, il disait combattre ceux qui cherchaient à convertir les Russes aux valeurs occidentales. Aujourd’hui, il veut imposer ses principes aux Occidentaux. Tout au long de l’entretien, le dirigeant assume plus que jamais le rôle qu’il s’est fabriqué: celui de petit père des populistes.

Et pourtant, Vladimir Poutine croit-il vraiment à ce qu’il raconte? Lui qui cultive sa proximité en Europe avec des partis d’extrême droite souvent islamophobes gouverne environ 10% de musulmans dans son propre pays. Lui qui met en garde ses ennemis lorsqu’il dévoile ses armes de pointe s’appuie sur un produit intérieur brut inférieur à celui du Canada. Lui qui annexe le territoire d’un pays voisin bénéficie du respect que d’autres grandes puissances accordent encore un peu au droit international. Pour l’instant, les forces contestataires qui secouent l’Occident jouent en faveur du président russe. Mais si elles venaient à triompher, il pourrait regretter de les avoir encouragées.

Créé: 28.06.2019, 19h34

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