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La Poste entre vérité et cachotterie

Boum badaboum! La Poste n’a pas fait les choses à moitié hier. Elle a annoncé franchement qu’elle allait supprimer près de 600 offices postaux traditionnels d’ici à 2020 et que cela aurait un impact sur 1200 personnes. Sa stratégie a le mérite de la clarté: réduction drastique des offices postaux non rentables et multiplication des agences postales dans les magasins ou institutions. A cela s’ajoute une forte hausse des points de dépôt ou de retrait automatisés.

Cela se fera sans trop de casse sociale puisque La Poste table sur les nombreux départs à la retraite pour réussir en douceur cette transformation importante. Même si les syndicats hurlent au démantèlement du réseau, il faut constater que la direction prise par le géant jaune est pertinente. On ne peut pas continuer à maintenir en vie certains offices alors que la clientèle a déserté leurs murs. Les habitudes ont changé, certains services se digitalisent facilement et peuvent être effectués pour la majorité des gens à moindre coût, et ce 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Si la stratégie est bonne, la forme continue de pécher à La Poste. Au lieu d’assumer crânement la révolution en cours, elle essaie maladroitement de noyer le poisson en répétant qu’il s’agit d’une «extension» du réseau postal. On se félicite ainsi de ce que les «points d’accès» au réseau vont passer de 3700 à 4000. C’est trompeur. On compare ici des pommes et des poires. On ne peut pas mettre sur un pied d’égalité un office postal et ses nombreuses prestations avec le mur jaune à consignes automatiques vanté dans une pub par le propret chanteur Bastien Baker.

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