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La politique de la demi-mesure

Genève tient une nouvelle première mondiale: la circulation alternée sur base volontaire lors de pics de pollution. Mip, miiip, klaxonnons gaiement! A la prochaine alerte aux particules fines, les Genevois seront gentiment invités à renoncer au confortable habitacle de leur véhicule un jour sur deux. Cette mesure, si elle est suivie, peut sauver des vies. Sans rire, le conseiller d’Etat en charge des Transports, Luc Barthassat, a appelé hier au civisme des automobilistes plutôt qu’à la répression. Le pari est en passe d’être réussi pour éviter la taxe poubelle, alors pourquoi pas recycler la méthode dans une version diesel? Un peu simpliste. La circulation alternée est fondée sur une interdiction qui oblige les automobilistes à utiliser les transports en commun, sous peine de sanction. Chacun a un sens civique, mais il est difficile de renoncer à ses habitudes, surtout quand dehors les températures sont négatives.

Si l’on peut douter de l’efficacité de la nouvelle mesure du Département de l’environnement, elle a le mérite de rappeler le statut des préoccupations écologiques dans notre société: un truc facultatif. L’air que nous respirons à Genève provoquerait 250 décès prématurés chaque année. Le trafic privé génère 30% des particules fines. Et pourtant, pas question de sacrifier notre sacro-saint mode de consommation quelques jours par an.

Par petites touches, des «phases test», le ministre se démène pour se façonner un bilan à la tête de l’accidentogène département qui lui a été attribué. A coup d’ondes vertes et de tentative d’ouverture aux deux-roues motorisés des voies de circulation réservées aux bus. Le tout au détriment des transports publics.

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