Penser à l’exit du Brexit

L'éditorial

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En vingt-quatre heures, Theresa May a perdu sur le fond et gagné sur la forme. Son projet a été balayé, mais elle conserve la confiance du parlement. Elle tentera peut-être une ultime manœuvre avec un nouvel accord qui verrait Londres quitter l’UE tout en restant dans une union douanière.


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Si elle échoue, il ne restera que deux options. La première: le «no deal», une sortie abrupte, sans aucun accord, dès le 29 mars. Cette perspective paraît si risquée qu’une seconde, jusqu’ici considérée comme impensable, retrouve un certain crédit: un second référendum.

Face à cette éventualité se dresse une objection majeure. La volonté populaire s’est exprimée le 23 juin 2016 et 51,9% des Britanniques ont décidé de quitter l’Union européenne. Ne risquerait-on pas, dès lors, de bafouer ce choix démocratique en soumettant la question à un nouveau vote?

«Il ne faut jamais avoir peur de poser des questions au peuple»

La réponse est non. D’abord, parce qu’une décision aussi lourde ne peut se prendre qu’avec des citoyens bien informés. Ce n’a pas été le cas lors d’une campagne remplie de chiffres mensongers dans le camp des pro-Brexit. Des Britanniques peu ou mal informés n’ont pas pu mesurer le saut dans le vide que représentait cette proposition. Ensuite – et même si l’on rejette ce premier argument – parce que la démocratie est un processus par tâtonnements. Une question soumise au vote n’existe pas dans un vide mais peut être abordée différemment selon l’évolution des circonstances. Et celles-ci ont évolué jusqu’à aboutir à l’impasse actuelle.

Enfin – et même si l’on rejette le premier et le deuxième argument – parce qu’il ne faut jamais avoir peur de poser des questions au peuple. Le Royaume-Uni et ses habitants ont exprimé un souhait dont la réalisation s’avère impossible sous sa forme actuelle et contribue à les déchirer un peu plus chaque jour. Leur permettre de se prononcer à nouveau à la lumière crue de cette réalité ne saurait être une mauvaise chose.

Créé: 17.01.2019, 06h44

Marc Allgöwer, responsable de la rubrique Monde

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