L’Otan otage d’un maître chanteur

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Payez! Sinon je m’en vais en claquant la porte. Voilà en résumé ce que Donald Trump est venu dire aux dirigeants européens présents au sommet de l’OTAN qui se tient à Bruxelles. Le président américain estime la contribution de son pays disproportionnée par rapport aux bénéfices qu’il en tire. Sans complexe, il presse les pays européens d’augmenter leurs dépenses militaires et de se fournir auprès des fabricants d’armes américains.


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Le chantage exercé par le successeur de Barack Obama a le mérite de montrer qui tient réellement la maison. Derrière ses coups de menton et ses tweets rageurs, il y a les intérêts bien compris d’une industrie qui fait tourner l’économie américaine. En janvier 1961, juste avant la fin de son dernier mandat, le président Eisenhower avait mis en garde son pays contre la possible montée en puissance d’un «complexe militaro-industriel» dont il jugeait le pouvoir «illégitime» et «désastreux».

Beaucoup de commentateurs se sont focalisés sur les échanges aigres-doux entre Angela Merkel et Donald Trump dès l’ouverture du sommet de l’OTAN. Pourtant, l’essentiel n’est pas là. Derrière les invectives, il y a le déploiement d’une diplomatie du chantage et du double jeu portée par un cynisme à toute épreuve.

Si cela continue, ce n’est plus Trump que le monde va haïr, mais l’Amérique. La facture dont il exige le paiement toutes taxes comprises avec le tact d’un usurier des bas quartiers de Brooklyn efface tous les idéaux de liberté et d’émancipation des peuples portés par les États-Unis au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Puisque au final, tout n’est qu’une question d’argent, affirme Donald Trump. Pourtant, dans le cas de l’OTAN, des questions essentielles sont posées en matière de paix et de sécurité. La menace a changé de nature avec le terrorisme et la criminalité transnationale. L’équation n’est plus la même. La Russie de Poutine n’est pas l’Union soviétique. Et l’Amérique de 2018 n’est pas celle de 1945. Il va falloir s’y faire. (TDG)

Créé: 11.07.2018, 22h27

Alain Jourdan, rubrique Monde

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