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L’obsession allemande de Macron

Emmanuel Macron a prononcé mardi le discours fondateur de sa vision de l’Europe. Il a choisi de ne pas entrer dans les détails techniques, prenant le risque qu’on l’accuse de rester confiné dans une éloquence chantournée, agréable à l’ouïe mais peu nourrissante à la réflexion. S’il est souvent tombé dans ce travers, lui reprocher ce parti pris serait, en l’occurrence, lui faire mauvais procès. Les eurocrates se sont trop servis de la technicité pour endormir les peuples et les persuader de se laisser gouverner en rond. Il est bon de replacer l’Union européenne sur le terrain politique. En cela, le président français a parfaitement réussi sa démonstration.

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Il reste maintenant à entrer dans le dur: réaliser ne serait-ce qu’une partie de ce vaste et ambitieux programme. Pour ce faire, Macron réserve la place principale au «couple franco-allemand», comme l’ont fait tous ses prédécesseurs. La France ne parvient donc pas à se libérer de son obsession allemande. Or, à Berlin, on ne parle guère des relations entre les deux pays en termes de couple. Et pour mener à bien tous les chantiers dont il a tracé les esquisses, le président Macron aura besoin d’autres pays qui ne se contenteront pas de suivre la «Françallemagne» avec la docilité des ravis de la crèche. D’autant plus que la nouvelle coalition qui se profile en Allemagne ne sera sans doute pas favorable aux vues françaises. En maintenant Berlin sur son piédestal, Paris prend le risque de s’aliéner ses alliés potentiels.

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