La méthode du gentil Macron

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En diplomatie et quand on le contrarie, Emmanuel Macron peut présenter deux visages très différents: il est dur à l’égard de ses pairs ou des petits, et souriant à l’égard des puissants. Matteo Salvini et Viktor Orban, qui appartiennent à la première catégorie, ont essuyé son ire. Donald Trump et Vladimir Poutine, qui pourtant lui posent des problèmes bien plus considérables, connaissent un visage amène. Il est vrai qu’ils pèsent indéniablement plus que l’Italie ou la Hongrie…

Ce constat établi, faut-il s’indigner avec ceux qui lui reprochent comme inutile son invitation de Vladimir Poutine au fort de Brégançon? Surtout pas. Dès les premières semaines de son élection, Emmanuel Macron a eu l’intelligence de tendre la main aux deux dirigeants qui semblaient les plus opposés à ses valeurs et qui exècrent ce qu’il considère de plus précieux: le multilatéralisme pour l’un (Trump), la démocratie libérale pour l’autre (Poutine).


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Avec audace et sans partis pris, il a déployé une diplomatie qui mêle les symboles de puissance – Versailles, le 14 Juillet – et les cajoleries de la relation personnelle. Naïf, il a cru dans un premier temps que son charme permettrait des percées diplomatiques: le pitoyable voyage aux États-Unis d’avril 2018 où il espérait infléchir le président américain sur l’accord iranien ou la question climatique a prouvé le contraire.

«Naïf, Macron a cru dans un premier temps que son charme permettrait des percées diplomatiques»

Pourtant Emmanuel Macron ne s’est pas découragé. En deux ans, il n’a rien obtenu non plus de Vladimir Poutine, mais les relations de la France avec la Russie, glaciales à l’issue du quinquennat Hollande et de l’annexion de la Crimée ou de la guerre en Ukraine, se sont réchauffées.

En soi, le simple fait que le président russe accepte une invitation en France quelques jours avant un G7 dont il est exclu est une petite victoire. L’Élysée espère un déblocage de la crise ukrainienne, dont le nouveau président, Volodymyr Zelensky, s’est dit ouvert à la négociation. Peu probable qu’une percée se fasse en un jour, mais maintenant qu’Emmanuel Macron a perdu ses illusions sur les charmes de son charme, peut-être a-t-il une carte à jouer…

Créé: 19.08.2019, 21h41

Alain Rebetez, correspondant à Paris

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