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Les médias priés de se taire

L’affaire que nous révélons dans le détail dans notre édition du jour et sur nos plates-formes numériques est grave. Elle met en cause les pratiques extrêmement problématiques d’une clinique genevoise d’expertises médicales qui, sous la houlette de son «médecin répondant», a rectifié des rapports de médecins «neutres», certains étant établis à Madagascar (sic), afin de renforcer la position des assureurs dans des conflits les opposant à des patients.

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Ces procédés sont très clairement expliqués dans un arrêt du Tribunal fédéral, un document public, que nous avons consulté et qui confirme la suspension des activités de la clinique MedLex ordonnée dans un premier temps par le Département genevois de l’emploi, des affaires sociales et de la santé.

Dès les premiers coups de téléphone de notre enquêtrice la semaine dernière pour vérifier les faits et obtenir des réactions de la part de MedLex, anciennement Clinique Corela, la Tribune de Genève a été interdite de publication par voie d’ordonnance du Tribunal de première instance à Genève. La RTS, qui poursuivait les mêmes pistes, a également été soumise à ce que l’on appelle des mesures superprovisionnelles qui protègent l’auteur présumé d’actes illicites de toute forme de publicité.

Ce vendredi soir, après nous être opposés à ces mesures, la Tribune de Genève a obtenu gain de cause. Nous pouvons enfin publier notre enquête sur des agissements violant gravement l’éthique. Ils touchent directement de nombreux patients et révèlent des méthodes particulièrement inquiétantes, surtout de la part du «médecin répondant» de la clinique.

Difficile de comprendre la décision initiale du tribunal, qui visait à faire taire les médias alors que l’intérêt public à diffuser ces informations est aussi incontestable qu’évident. De plus, l’arrêt du Tribunal fédéral a été retiré du site de ce dernier, une mesure tout à fait inhabituelle.

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En peu de mois, nous avons été saisis par trois fois de telles mesures, extrêmement rares jusqu’ici. La justice a le devoir de protéger la personnalité des sociétés comme des individus. Mais elle doit prendre garde à ne pas le faire à la légère, au risque d’aller à l’encontre de l’intérêt du public d’être informé sur des affaires qui le touchent directement.

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