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Un Maudet qui regarde en arrière

À la sortie de la grand-messe, l’orage gronde comme s’il fallait libérer les tensions. Pierre Maudet vient de livrer son discours de Saint-Pierre. Occasion unique pour le nouveau président d’élaborer sa vision pour la Genève de demain, de se projeter, de donner du sens à l’action à venir et de faire frissonner une assemblée qui réunit un concentré sans pareil de notables, puissants et élus du Grand Genève sous les hautes voûtes d’une cathédrale éminemment propice à l’amplification de pensées profondes. L’hypercommunicant Pierre Maudet, au verbe agile, saurait se transcender en ces lieux, pensait-on. L’attente était grande. Elle fut déçue, par un manque de souffle comme si «l’affaire» qui le tourmente avait abaissé sa hauteur de vol. Un discours honnête, ponctué de quelques jolies formules, souvent plus ronflantes que parlantes. Mais surtout un propos axé sur «l’héritage» de la Genève d’aujourd’hui. Une fois n’est pas coutume, il a regardé en arrière plutôt que de se projeter dans l’avenir.

On ne saura donc pas vraiment quelle est la Genève de demain dont rêve Pierre Maudet au-delà de l’espoir que notre cité devienne la capitale mondiale des grandes causes porteuses, du numérique à l’environnement. Sa liste de priorités embrasse si large qu’on en distingue plus les essentiels. Finalement, c’est en creux que son discours fut le plus éclairant: silence absolu et fort judicieux sur la traversée du lac.

À dresser sa longue liste, il a voulu créer l’union sacrée, dépasser les conflits qui empestent la République en écoutant le peuple, en effaçant frontières et lignes partisanes afin de trouver ce qui à Genève n’existe pas: le consensus. Il s’est voulu rassembleur et rassurant, voire apaisant. Espérait-il calmer les ardeurs de ceux qui aujourd’hui veulent sa peau?

Lui, le mâle alpha, ascendant prédateur, s’est montré mesuré dans le ton comme dans les ambitions. Tel est peut-être l’un des effets du «reality check» qu’il vient de subir et qui pourrait d’ailleurs lui servir s’il l’a bien intégré. Mais, au-delà du discours de Saint-Pierre, le président Maudet sera jugé à son travail sur la «bête». Et là, il a rarement déçu. Sauf quand il voyage.

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