Maudet nuit à la Suisse romande

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L’affaire Maudet n’a jamais fait vraiment rire la Suisse alémanique. Dès que les mensonges du ministre genevois autour de son voyage à Abu Dhabi ont été connus, la presse germanophone s’est prononcée pour une démission. Elle a épongé la sueur de son front en repensant au fait que Pierre Maudet, auteur d’une campagne électorale mémorable, aurait pu accéder au Conseil fédéral. Cela aurait été «katastrophal»!

Lire également : L'affaire Maudet inquiète jusqu'au Conseil fédéral

Plus l’affaire dure et plus la stupéfaction grandit outre-Sarine. Un conseiller national de Saint-Gall me disait mercredi son étonnement après le vote de soutien à Maudet d’une majorité de la section genevoise PLR. Il avançait une explication ethnique: «Je ne veux pas m’immiscer dans les affaires genevoises. Mais vous avez vraiment une autre mentalité, vous en Suisse romande.»

«À Berne, on essaie d’éviter autant que possible le «paria»»

Voilà où on en est. Le cautionnement d’avantages problématiques, de mensonges construits et de déductions fiscales inappropriées par un ministre genevois en exercice devient par extension un trait caractéristique de la Suisse romande. D’autant plus qu’il flotte quelques restes d’affaires plus mineures comme celles qui ont touché Pascal Broulis ou Géraldine Savary.

Avec sa super-Genferei, Genève reste bien sûr en première ligne. À Berne, on essaie d’éviter autant que possible le «paria» Pierre Maudet. Ce dernier a décidé de se maintenir coûte que coûte. Il ne rend ainsi service ni à sa cause, ni aux institutions, ni à l’image de son canton et ni à la Suisse romande dans son entier. Quel gâchis.

L’affaire Maudet, s’il faut lui trouver une vertu, devrait permettre de se pencher sérieusement sur la question épineuse de la révocation d’un magistrat. Comment se débarrasser d’un ministre qui a failli et nuit gravement aux institutions? Comment le faire sans ouvrir la porte aux règlements de comptes politiques gratuits? Suite à l’affaire Hainard, le canton de Neuchâtel a adopté une loi permettant la révocation d’un magistrat si trois quarts du Grand Conseil l’approuvent. Un modèle à suivre.

Créé: 17.01.2019, 21h57

Arthur Grosjean, Correspondant à Berne

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