Macron à l'épreuve du feu

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La semaine de tensions sur la coupe de 850 millions d’euros au budget militaire de 2017 s’est soldée par la démission d’un chef d’état-major et un hommage appuyé aux armées jeudi sur la base aérienne d’Istres. Mais elle annonce d’autres épreuves du feu pour le jeune président français. Cette affaire est en effet révélatrice d’une stratégie qui devient lisible et qui pourrait bien allumer d’autres incendies. Sa priorité, c’est de remettre la France sous la barre des 3% de déficit public dès cette année. L’objectif de consacrer 2% du produit intérieur brut à la défense, ce sera donc pour plus tard. En respectant le pacte de stabilité, qui doit faire converger les politiques budgétaires européennes, le président veut donner des gages à ses partenaires de l’UE, à commencer par l’Allemagne, qui attend ça depuis des années.

Paradoxalement, les militaires français pourraient en profiter, car cette orthodoxie budgétaire devrait décider les autres pays européens à augmenter leur participation à l’effort de guerre contre le terrorisme, notamment au Sahel, jusqu’ici supporté pour l’essentiel par Paris. Mais jeudi à Istres, Emmanuel Macron a aussi lâché que le budget de l’armée serait le seul à augmenter en 2018. Cela s’appelle la rigueur. Et sur le front social, dans l’éducation, pour la sécurité intérieure, dans les cénacles culturels et les collectivités locales, cela peut provoquer autant de déflagrations. Les élus locaux sont déjà à la diète. La recherche publique aussi. Et l’Etat s’est engagé à faire 4 milliards d’économies dans ses ministères, soit la moitié de l’effort. Si la stratégie du président est de remettre la France sur les rails en faisant avaler les couleuvres en début de mandat et en finançant durant les trois dernières années les crédits nécessaires aux quartiers, aux territoires, à la priorité à l’éducation, à la relance de l’économie par l’investissement ou à la transition énergétique, cela peut être payant. Sinon, son quinquennat aura eu le mérite d’assainir les finances publiques, mais cela ne sortira pas de l’ornière notre voisin, qui n’a pas réussi ces dernières années à se réformer suffisamment pour échapper aux vieux démons de la dépense publique et du matraquage fiscal.

Pages 6 et 7 (TDG)

Créé: 20.07.2017, 23h02

Olivier Bot,
Chef de la rubrique Monde

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