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Le luxe n’est plus à l’abri des questions

Dans un monde devenu plus transparent, l’industrie suisse du luxe reste un bastion d’opacité. On sait peu ce qui se trame derrière l’image policée de nos plus belles marques de joaillerie ou d’horlogerie. C’est ce qui rend particulièrement instructive la nouvelle fuite de données exploitée par le Consortium international de journalistes d’investigation ICIJ. Elle révèle comment la famille de l’ex-président angolais DosSantos a poussé son pays à engloutir des fonds publics colossaux pour redresser le très clinquant bijoutier genevois DeGrisogono.

On savait, par d’autres affaires récentes, que le luxe est un moyen commode de mettre à l’abri des fortunes discutables. Notamment parce que les banques, c’est tout à leur crédit, sont devenues plus méfiantes face à l’argent des kleptocrates. En rachetant DeGrisogono avec les fonds de l’État, la richissime famille DosSantos s’est livrée à ce qu’on pourrait appeler du blanchiment réputationnel. Elle a utilisé la marque suisse comme couverture pour développer ses propres affaires, dont un florissant commerce de diamants à Dubaï. Elle s’est aussi offert un accès privilégié au monde de la jet-set et des célébrités, que cultivait DeGrisogono. Un ticket d’entrée acheté au prix fort, grâce à l’argent du peuple angolais.

Après ces révélations, il serait temps que le monde du luxe s’interroge sur sa responsabilité face au népotisme et à la corruption. Mais les réactions de DeGrisogono et de son fondateur, Fawaz Gruosi, montrent qu’il y a encore du chemin à faire. Au lieu de répondre à nos questions, la marque genevoise se mure dans le silence. Son fondateur Fawaz Gruosi, autrefois omniprésent dans les magazines de luxe, dit n’avoir rien vu, rien su. Il faudra sans doute plus d’un scandale pour ébranler l’omerta qui semble encore de mise dans ce secteur.

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