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La loi sur les armes met le feu aux poudres

Des deux objets fédéraux au menu des votations du 19 mai, le plus explosif n’est pas celui que l’on attendait. D’un côté, une réforme en profondeur de l’imposition des entreprises, liée à un colmatage urgent des trous de l’AVS. Autrement dit, les recettes fiscales des collectivités publiques et le financement de nos retraites. De l’autre, une révision technique de la législation sur les armes, qui n’aurait a priori pas grand impact sur la vie des citoyens.

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Dans le débat public et médiatique, c’est pourtant le second enjeu qui prend le pas sur le premier. Les arguments fusent avec une véhémence rare. La polémique née entre un officier de milice valaisan et Benoît Genecand en témoigne: l’élu PLR genevois n’a pas hésité à parler de «dictature militaire» au sujet des gradés qui osent s’écarter de la position officielle du Conseil fédéral en faveur de la loi.

Pourquoi une telle virulence? Parce que ce scrutin porte en lui deux ingrédients qui, immanquablement, allaient électriser la campagne. Premièrement, il est question d’armes à feu dans un pays qui cultive la tradition du citoyen soldat et qui compte 2600 sociétés de tir pour 130'000 pratiquants. Deuxièmement, il s’agit de la reprise d’une directive de l’Union européenne, à l’heure où nos relations incertaines avec Bruxelles suscitent une méfiance extrême. Il n’en fallait pas plus pour que les référendaires dégainent le slogan qui met le feu aux poudres: stop au diktat de l’UE qui nous désarme.

«Très bien organisés, les tireurs serrent les rangs et multiplient les offensives à l’approche du vote»

La forte mobilisation des tireurs et de leurs alliés a fait le reste. Parfaitement organisés, ils serrent les rangs et multiplient les offensives à l’approche du vote. Dans le camp adverse, les partisans du texte ne se privent pas non plus de donner dans l’émotionnel. Selon Karin Keller-Sutter, bien décidée à remporter sa première victoire de conseillère fédérale, l’exclusion de l’accord de Dublin ferait croître la pression migratoire, tandis que les milieux touristiques redoutent une baisse drastique du nombre de visiteurs voyageant avec un visa Schengen. Pour l’heure, les sondages donnent le oui gagnant, mais la guerre des nerfs n’est pas terminée

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