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Un livre en main, on n’est jamais seul, triste ni malade. Il abolit les heures, passe les frontières. Avec lui on a plusieurs vies, et toute l’éternité à soi. C’est sans doute pour cela que contre toute attente, la lecture résiste plutôt bien aux attaques du temps. Il y a dix ans, les gourous des nouvelles technologiques la donnaient pour perdue. Réservée aux vieux dans le couloir de la mort.

Les chiffres aujourd’hui les contredisent. Un nouveau pan de la littérature s’est développé, les romans pour adulescents enchaînent les gros tirages. Aux États-Unis, ils couvrent des dizaines de mètres linéaires dans les librairies. Les émissions littéraires françaises à la télévision et à la radio sont attendues par leurs admirateurs comme le gazouillis du printemps. Les librairies, que l’on enterrait elles aussi, sont devenues - comme les musées - des lieux de passage où il fait bon s’arrêter un instant, flâner, boire un café, faire la causette avec les préposés. Eux aussi ont changé. Comprenant que sans cela, ils finiraient au rayon poisson, les libraires ont affûté leurs compétences; ils les partagent volontiers avec amabilité. Et ça marche. Les Romands achètent des livres.

Voyez Payot. Le plus grand réseau romand de librairies a ouvert une nouvelle enseigne à Morges en 2018. Consenti à Genève de solides investissements pour une surface rive gauche en 2015 et pour un magasin à la gare Cornavin un an auparavant. La société a repris son destin en main. Et célèbre en 2019 le centenaire de sa présence à Genève, où son chiffre d’affaires annuel est en hausse de 7 à 8% depuis 2015. Mais le poids lourd n’est pas le seul à ressentir un confort certain. Les librairies de dimensions plus modestes aussi respirent mieux depuis un an ou deux. Les Romands achètent donc des livres. Et en papier! L’édition numérique a fait un flop. Comme quoi, il est parfois bon de ne pas s’affoler au passage des corneilles de mauvais augure. Et de se rappeler en ce week end pourri qu’avec un livre, on n’est jamais mouillé, transi ni déprimé.

Créé: 01.11.2019, 20h22

Pascale Zimmermann, Responsable de la rubrique Culture

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