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La liberté de Charlie ne se négocie pas

Les dessinateurs de Charlie Hebdo, provocateurs, étaient vitaux pour la liberté de la presse et la démocratie.

Ils vivaient sous la menace des islamistes. Ils s’en moquaient. La provocation, le rire, la dérision étaient leur raison d’exister. Pas question donc de céder un pouce. Ils ont mis en pièces tous les tabous. Ils ne respectaient rien. Mais non, ils n’allaient pas trop loin! Cabu, Wolinski, Charb, Tignous, Maris étaient à la liberté de la presse ce que cette dernière est à la démocratie: vitale.

Le fanatisme, l’obscurantisme et l’incommensurable bêtise humaine qu’ils dénonçaient avec tant de bonheur ont fini par les tuer. «Nous sommes tous Américains», avait écrit le directeur du Monde au lendemain de l’attentat du 11 septembre 2001. Aujourd’hui, le monde entier, et la presse en particulier, proclame «Je suis Charlie». L’émotion, la rage, la révolte sont partagés. Y compris par les musulmans les plus fervents, habituellement si discrets. Hier, ils ont laissé éclater leur colère. Car le nouvel «islamo-fascisme», comme l’appelle Daniel Cohn-Bendit, salit bien davantage leur prophète que le plus explosif des dessins de presse.

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