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Le Léman en danger

Au même titre que la blancheur du Cervin, le bleu Léman fait partie des mythes suisses, de ceux qui finissent en carte postale ou en prospectus de l’Office du tourisme. Imaginez, 89'000 milliards de litres d’une eau pure venue des glaciers dans ce qu’on a souvent baptisé le «plus grand lac d’eau douce» d’Europe.

Mais les mythes se fissurent: le lac Ladoga, près de Saint-Pétersbourg, compte 18'130 km2 contre… 581 pour notre lac qui ne figure même pas dans le top 30 du continent.

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Quant à la qualité de son eau, elle a déjà pris de sérieux coups. Il a fallu une convention franco-suisse en 1963 pour qu’on commence à lutter contre la pollution du lac – avec comme inquiétude la survie de nos poissons –, pour qu’on envisage la construction de stations d’épuration au cours des décennies qui ont suivi. Las, cela n’a pas suffi: sont arrivés les micropolluants, cette pollution invisible qu’on commence à combattre à coups de millions.

Et voilà que la grande étude d’Oceaneye révèle ce dont nous aurions dû nous douter: non, nous ne sommes pas meilleurs que les autres et notre saint lac présente quasi autant de particules plastiques que la moyenne mondiale, presque autant que la Méditerranée. Ce qui n’est pas fondamentalement étonnant: chaque année, le Suisse moyen «consomme» 100 kg de matière plastique, de la paille à l’emballage, de la cuillère jetable au coton-tige, dont seuls 10% sont recyclés. Le reste est brûlé, souvent, mais finit aussi dans la nature, lavée elle-même par les eaux de pluie, qui couleront dans les rivières qui se jetteront dans le lac avant de finir dans la Méditerranée.

«Derrière la carte postale, la ressource est un trésor qui pourrait valoir toujours plus»

Derrière la carte postale du Léman, la ressource elle-même – ces milliers de milliards de litres d’eau douce – est un trésor qui pourrait valoir toujours plus. Le programme des Nations Unies pour le développement prévoit que la moitié de la population mondiale manquera gravement d’eau en 2030. Et que le marché, qui pèse aujourd’hui environ 40 milliards de francs, pourrait grimper jusqu’à 200 milliards à la même date. Nous vivons dans une région bénie des dieux, il faudrait songer à la protéger si on veut conserver ce potentiel. Et notre mythe.

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