Johnny Hallyday: le flair et l’instinct

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Non, on n’a pas tous en nous quelque chose de Hallyday. Non, la francophonie tout entière ne sanglote pas depuis l’annonce de sa disparition. On connaît d’ailleurs bon nombre de mélomanes qui entretiennent avec l’idole et son œuvre des rapports proches de l’indifférence absolue. Reste que quiconque a déjà assisté à un concert de Johnny sait l’amour, voire la dévotion, qu’il suscitait auprès d’un public d’une hétérogénéité inouïe. Il n’y en a plus guère des artistes chantants qui se font adorer des jeunes et des vieux, riches et pauvres, femmes et hommes, esthètes et philistins. Dont dix tubes, au moins, puissent être entonnés par tout un chacun, comme ça, au débotté. Le Genevois Fred Jimenez, qui fut bassiste de la star de 2011 à 2014, nous racontait avoir joué derrière elle dans le nord de la France devant un parterre de gueules noires. Et quelques jours plus tard à Monaco, dans un gala privé, urf à souhait. Dans les deux cas, les gens réagissaient de la même manière, aux mêmes moments du show, avec les mêmes étoiles dans les pupilles.


A lire: Cette fois-ci, la nuit a retenu Johnny


Fortiche. Dans un environnement culturel puissamment segmenté, éclaté en chapelles, en recoins, en niches, une telle unanimité frôle le miracle. Et une telle longévité frise le prodige. À l’aube des sixties, c’est dans une France encore tout engourdie que Johnny devient la voix de la jeunesse. Il n’y a qu’une chaîne de TV. Une seule émission de radio cool – Salut les copains, qui colle au poste près de la moitié des 11-16 ans. Et éventuellement un juke-box au troquet du coin. Cinq décennies et une révolution numérique plus tard, l’offre musicale est devenue un hypermarché grouillant, volatil et impénétrable… avec Hallyday en perpétuelle tête de gondole. Il aura fallu un flair et une intuition rares pour traverser ainsi modes et tempêtes en gardant la tête haute et la fidélité de sa base. Un instinct de survie artistique quasi animal et sans doute unique dans l’histoire de la musique populaire. (TDG)

Créé: 06.12.2017, 20h55

Jérôme Estèbe, rubrique Culture et Magazine

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