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L’Italie met l’Europe au pied du mur

Cette fois, plus de doute: l’Europe a un sérieux problème, et ce problème a la forme d’une botte. Longtemps, la vie politique italienne s’écoulait, mi-débonnaire, mi-théâtrale, et les gouvernements passaient au rythme des saisons. Beaucoup d’Européens s’inquiétaient plus du résultat des élections en France ou en Allemagne, voire du ton de plus en plus contestataire de pays comme la Hongrie ou la Pologne. Rares étaient ceux qui croyaient que le souci le plus pressant viendrait de la Péninsule. Et pourtant, nous y voilà: un pays fondateur de l’Union européenne rejoint le front du refus. Quel que soit le qualificatif choisi – populistes, souverainistes, antisystèmes – le gouvernement proposé lundi est aux mains de partis qui disent non à l’ordre que le continent construit depuis septante ans.

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Pourtant, cette confrontation est bienvenue. Cela fait trop longtemps que les institutions nationales et européennes montrent leur incapacité à résoudre les problèmes collectifs de l’UE. Ce statu quo ne peut plus durer. Trois fronts se dessinent déjà. Rome veut augmenter les dépenses publiques tout en abaissant les impôts, mettant en danger sa propre stabilité financière et celle de toute la zone euro. Elle entend durcir sa politique migratoire, soulignant l’indifférence de ses partenaires. Elle souhaite enfin lever les sanctions qui frappent la Russie, écartelant un peu plus une Europe déjà schizophrène sur cette question.

D’autres fronts ne tarderont pas à se faire jour, et les mois qui s’annoncent risquent d’être mouvementés. Mais quelle valeur a le statu quo, cet entre-deux morose où la coopération entre États européens se résume à reporter les véritables enjeux communs de sommet en sommet? Le miroir que le gouvernement italien tend à ses homologues ne leur donne certainement pas envie de s’y contempler. Mais il ne leur laissera pas le choix, fût-ce à coups de botte.

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