Interdire les pesticides, oui mais non

L’éditorial

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La montagne aura accouché d’une souris. En novembre 2017, le Parti démocrate-chrétien genevois lançait une proposition radicale: interdire les pesticides et autres produits phytosanitaires à Genève. Inédit en Suisse, ce projet de loi constitutionnelle a immédiatement suscité une levée de boucliers des milieux agricoles, qui se sont sentis trahis par le parti ayant porté l’un des leurs, Luc Barthassat, aux plus hautes fonctions cantonales. Selon eux, une telle prohibition saignerait l’agriculture genevoise à vif.


Lire aussi: Unanime, le Grand Conseil limite l’usage des pesticides


Mais après plusieurs allers-retours entre le Grand Conseil et sa Commission de l’environnement et de l’agriculture, on se contentera finalement de mesures incitatives visant à limiter l’usage des pesticides. Car seule la Confédération peut interdire de tels produits. C’est ballot! Le Parti libéral-radical, habitué à vider de sa substance tout projet écologique un tant soit peu contraignant, a gagné sans coup férir.

Alors, s’agissait-il uniquement pour le PDC de se passer une petite couche de vernis vert en pleine vague écolo? Peut-être, même si Greta Thunberg et ses émules grévistes du climat ne faisaient pas encore parler d’eux au moment où le parti centriste a déposé son projet de loi. Mais celui-ci aura au moins eu le mérite de fixer un principe dans la Constitution, comme cela fut jadis le cas avec l’énergie nucléaire, déclarée indésirable à Genève. Reste une question en suspens: en matière d’environnement, a-t-on encore le temps pour la politique des petits pas?

Créé: 12.06.2019, 06h53

Antoine Grosjean, rubrique Genève

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