L’heure de vérité pour Trump

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Le 8 novembre dernier, au terme d’une campagne infamante, on pouvait encore avoir quelque espoir. Le président Trump se démarquerait du candidat aux méthodes indignes, au discours mensonger, aux agissements honteux, aux attaques insultantes et au programme sans contenu ni vision.

Non, un président élu ne pouvait décemment poursuivre sur cette voie, même au cours de la période de transition qui s’achève avec la prestation de serment de ce matin. Eh bien, si! Donald Trump a parfaitement gardé la ligne, multipliant les injures et les provocations frappées cette fois du sceau d’un futur président. Il n’a fait que creuser le fossé avec ses opposants d’hier, préférant enfoncer l’ennemi plutôt que rassembler.

Alors que depuis un peu plus de deux mois le monde entier a les yeux braqués sur la Trump Tower pour tenter de déceler les orientations de l’ère nouvelle, Mister Tweet nous a abreuvés de textos et décisions stupéfiantes. Au fur et à mesure de la constitution de son équipe, le milliardaire new-yorkais a fait clairement comprendre qu’il ne craint ni les conflits d’intérêts, ni les nominations à contre-emploi, ni la confrontation avec le reste du monde. A coups de 140 signes, il a redessiné la carte géopolitique. Il a fustigé la Chine au risque d’une déflagration majeure et, en pourfendeur de l’Union européenne, il s’est félicité du Brexit, s’est moqué de Berlin et Paris, a déclaré l’OTAN obsolète et s’est confondu en flatteries pour Poutine. Il a aussi lâché, avec l’apparente innocence d’un sale gamin, quelques «tweets bombs» sur le Proche-Orient. Histoire de voir sans doute.

Cette période de transition qui aurait pu lui permettre de se glisser dans son costume présidentiel en prenant la mesure de ses futures responsabilités, il l’a passée à faire de la pyrotechnie. Rompre avec le passé par une thérapie de choc, n’est-ce pas ce que voulait la moitié des Américains? Sur le plan rhétorique, Trump les a comblés. Mais dès aujourd’hui, les bons mots de son café de commerce digital auront le poids de la parole présidentielle. L’heure de vérité a sonné. Il devient respectable par la fonction. Un changement spectaculaire, source d’un ultime (petit) espoir.

Créé: 19.01.2017, 21h52

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