La guerre pour le contrôle de la 5G

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C’est un conflit commercial et politique majeur qui vient de prendre une ampleur inédite avec l’arrestation, à Vancouver, d’une haute dirigeante du groupe chinois Huawei. Oubliez le bouton nucléaire, voici le bouton digital, enjeu de toutes les convoitises, de toutes les paranos, et, bien sûr, de tous les coups bas. Celui qui contrôlera le plus grand nombre de flux d’informations détiendra un avantage économique, stratégique et politique inestimable sur ses concurrents.


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De ce point de vue, le déploiement du réseau de la 5G représente la mère de toutes les batailles. Or qui mène la course? Le géant chinois Huawei, leader mondial pour les équipements de télécommunications, avec 22% de parts de marché. Plus de 1500 réseaux implantés dans le monde font appel aux technologies du groupe, dont les plus grands opérateurs tels que France Télécom, Deutsche Telekom, Telecom Italia, Orange, Bell, bien d’autres encore.

Il y a longtemps que les États-Unis mènent la vie dure au fournisseur chinois, ainsi qu’à son dauphin ZTE. Désormais, c’est le monde anglo-saxon qui lui emboîte le pas: en Nouvelle-Zélande, en Australie, en Grande-Bretagne, sur recommandation des services secrets, les principales entreprises de téléphonie mobile viennent de congédier Huawei, soupçonné d’espionnage. D’autres pays se tâtent, dont l’Allemagne.

C’est un euphémisme de dire qu’il règne en Suisse une certaine candeur, alors que Huawei installera dès 2019 la 5G pour Sunrise, et qu’il collabore déjà avec Swisscom pour son réseau fixe

Et en Suisse? C’est un euphémisme de dire qu’il règne en la matière une certaine candeur, alors que Huawei installera dès 2019 la 5G pour Sunrise, et qu’il collabore déjà avec Swisscom pour son réseau fixe. Le Département de la défense et le Service de renseignement ne risquent pas de recommander aux opérateurs de se séparer de leur partenaire, pour la simple raison que cette question n’est pas de leur compétence. Quant à la loi sur les télécommunications, elle se résume à une déclaration de principes sur le secret des communications et la protection des données. Insuffisant.

(TDG)

Créé: 06.12.2018, 20h48

Ivan Radja, journaliste (Image: Patrick Martin)

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