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Le Grand Conseil veut tout et son contraire

«Ils ne savaient pas ce que c’était impossible, alors ils l’ont fait.» La citation de Mark Twain va comme un gant au Grand Conseil genevois. Sauf que l’écrivain américain rendait hommage à ceux qui relèvent des défis courageux. Vendredi, notre parlement s’est illustré, disons, différemment. Il s’est placé dans une situation totalement inédite et peut-être inextricable: lors du vote sur la recapitalisation de la Caisse de pension de l’État de Genève (CPEG), il a accepté deux projets contradictoires.

Car oui, tant la solution de réforme du Conseil d’État que celle de la gauche et du MCG ont recueilli une majorité de suffrages. Et comme on ne va pas appliquer les deux, personne ne sait pour l’instant comment procéder au choix, l'obstacle sur lequel les députés ont buté. Le président du Conseil d’État, Antonio Hodgers, l’a lui même reconnu en fin de débat: il faudra porter l’affaire devant les juristes pour savoir comment s’en sortir. Voilà de quoi occuper leur petit Noël!

Un démocrate convaincu répondra que ce devrait être au peuple de trancher. Certes! Mais comment? En lançant deux référendums et en soumettant les deux options à la population? En cas de double oui, ce serait coton. Car si la question subsidiaire pour départager une initiative et son contre-projet existe, le cas de deux projets de loi sur le même thème est inconnu de la législation et de la jurisprudence. Alors, un seul référendum? Mais il y aurait le risque de favoriser la solution qui ne serait pas soumise à la population.

Il faut reconnaître au Grand Conseil de ce canton une capacité d’innovation hors du commun. Parvenir le même jour à mettre en place les conditions laissant à la gauche radicale l’occasion de dicter le ton sur le débat budgétaire et enchaîner sur l’accouchement d’un casse-tête juridique, c’est du très haut niveau. Impossible n’est décidément pas genevois.

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