La gouvernance de l'aéroport

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Genève, 5 novembre

L’importance du scrutin du 24 novembre sur la gouvernance à imposer à l’aéroport de Genève mérite toute notre attention. D’un côté, une initiative constitutionnelle lancée par la Carpe préconise «un pilotage démocratique de l’aéroport de Genève» et soumet ce dernier à l’autorité du Grand Conseil, qui n’en veut pas puisque notre parlement cantonal a voté contre cette initiative! De l’autre, un contre-projet laissant au Conseil d’État ses prérogatives en matière de bonne gouvernance.

Initiative et contre-projet visent à réduire les nuisances causées par notre desserte aéroportuaire, but hautement honorable, tout en assurant un difficile équilibre avec les enjeux économiques, sociaux et culturels pour l’IN 163 et avec les besoins de la population, des entreprises et de la Genève internationale pour le contre-projet. À première vue, initiative et contreprojet procèdent de bonnes intentions et se distinguent sur des nuances non significatives. Or, le diable se cache dans les détails.

L’initiative est formulée délibérément de manière floue et met l’avenir de l’aéroport au cœur de querelles politiques freinant toute planification. Le contre-projet, tout en s’engageant à lutter contre les nuisances, précise davantage la pesée des intérêts. Ceci est indispensable pour Genève, ville-monde dont, faut-il le rappeler, la prospérité repose majoritairement sur ses communications avec l’étranger. Il s’agit là des 30 000 fonctionnaires internationaux résidant dans la région genevoise, des 200 000 délégués venant chaque année pour des conférences et des quelque 4000 chefs d’État et ministres qui nous honorent de leur visite.

La desserte aéroportuaire est aussi l’atout numéro un pour des organisations telles que le WEF (800 personnes) ou le CERN (5000 physiciens). Et le secteur privé n’est pas en reste, puisque nos trois secteurs les plus porteurs restent la finance, le négoce et l’horlogerie, dont plus de 90% de l’activité est tournée vers l’étranger. Cette Genève internationale, sans compter le tourisme, pèse à elle seule plus de la moitié du revenu cantonal et des recettes fiscales du Canton, comme le démontrent des études récentes de la Fondation pour Genève et des universités romandes. Notre aéroport a donc un rôle vital pour Genève qui ne peut s’accommoder d’une initiative comme l’IN 163.

Ivan Pictet, ancien président de la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève

Un signal nécessaire

Satigny, 11 novembre

Onze mille scientifiques de 153 pays ont lancé, le 5 novembre 2019, un cri d’alarme sur l’urgence climatique dans un article de la prestigieuse revue «Biosciences» («World Scientists’ Warningof a Climate Emergency»). Le message est clair: le réchauffement est plus rapide qu’on pensait et sans une diminution de notre consommation d’énergie fossile, la planète court à sa perte. Les signes précurseurs sont là: fonte des glaciers, records de température battus chaque année, réchauffement du Groenland. Les autorités fédérales, en approuvant le plan PSIA sur le développement de l’aéroport de Genève, ne semblent pas avoir saisi l’urgence du problème. Au-delà de la pollution qui augmentera et qui atteint la santé des citoyens, au-delà des nuisances sonores qui privent de sommeil une grande partie de la population genevoise, il est une urgence globale qui nous concerne tous, de Chancy à Saint-Gall: le climat.

Nous avons, en tant que citoyens genevois, un moyen d’envoyer un signal fort à la Berne fédérale au travers de l’initiative 163, sur laquelle nous nous prononcerons le 24 novembre: nous voulons un trafic aérien responsable. L’initiative 163 demande que nos élus puissent se prononcer sur le développement de l’aéroport. C’est tout. Mais c’est déjà trop pour les milieux dont l’économie est la seule boussole. Pour envoyer ce signal fort à Berne, il faut voter oui à l’initiative 163 et non au contreprojet.

Philippe Dugerdil


Attention danger

Meyrin, 7 novembre

Les votations cantonales du 24 novembre arrivent, et le danger aussi! Le danger du déclassement, de voir pousser des immeubles au lieu des arbres, de perdre ce poumon d’oxygène au cœur du Petit-Saconnex, de voir la qualité de vie de ses habitants se dégrader, de faire fuir les oiseaux et leur gazouillis si bienfaisants, de perdre la protection naturelle lors de grandes chaleurs, de voir se densifier un quartier au trafic déjà trop dense. C’est un cri du cœur! Pour une ville plus verte, moins bétonnée, où il fait bon vivre! Aujourd’hui et demain! Votons massivement non à l’objet N° 8!

Adriana Passini

Écrivez-nous à courrier@tdg.ch, Tribune de Genève, courrier des lecteurs, case postale 5155, 1211 Genève 11.

Créé: 15.11.2019, 08h14

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