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Les «gilets jaunes» ne sont pas morts

Un an après son irruption fracassante dans le paysage français, le mouvement des «gilets jaunes» reste en partie imprévisible, difficile à classer et rétif aux analyses hâtives. Avouons-le franchement: il n’a pas eu la faveur des médias, qu’il englobait dans son désaveu des instances politiques et dont il refusait les codes habituels de communication: pas de porte-parole, pas de leaders légitimes, pas de revendications structurées, du moins dans un premier temps… Du coup nous sommes nombreux à l’avoir caricaturé – raciste, complotiste, populiste – avant de commencer à l’entendre, sinon de le comprendre.

Expression d’une formidable colère, il a joui d’un fort soutien populaire. Puis les violences, en partie nées du mouvement, en partie instrumentalisées par le pouvoir et son appareil policier, l’ont peu à peu marginalisé.

Dans sa revendication principale – desserrer l’étau de précarité qui étreint une partie croissante de la population, juste au-dessus de la misère –, le mouvement a été entendu et des mesures ont été prises. Si elles sont loin de satisfaire les «gilets jaunes», du moins témoignent-elles d’une réelle prise de conscience.

En revanche, dans sa revendication secondaire – l’instauration d’un droit de référendum (le RIC) qui prétendait injecter des mécanismes de démocratie directe dans les équilibres institutionnels français –, le rejet a été massif. Liquidé en quelques semaines, le débat a été très pauvrement mené. La France, malade d’une Constitution léguée en 1958 par le général de Gaulle et qui organise insuffisamment les contre-pouvoirs à celui du président, n’est pas encore mûre pour y réfléchir.

L’anniversaire des «gilets jaunes» va coïncider, le 5 décembre, avec un mouvement de grèves autour de la réforme des retraites qui sera très délicat à négocier pour Emmanuel Macron. Faute d’une réponse crédible sur l’extension souhaitable des droits démocratiques, il fait croître un adversaire redoutable: la colère populaire.

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