Le football, bête noire de la récré

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Une cour de récréation passée au scanner des inégalités de genre. C’est le projet pilote mis en place dans une école de 160 élèves des Eaux-Vives. Vous n’en pouvez plus des sujets sur l’égalité hommes-femmes? C’est compréhensible, une certaine lassitude, après le tsunami médiatique autour de la grève des femmes du 14 juin. D’autant plus qu’il a comporté son pot-pourri de revendications auxquelles on ne s’identifie pas toujours, comme l’exclusion arbitraire des hommes. Ou de hiérarchie des urgences sur le front féministe que tout le monde ne partage pas forcément dans le même ordre. Mais l’initiative de l’école du XXXI-Décembre mérite attention.


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Avec des moyens dérisoires, des enseignantes motivées ont réussi à soulever des montagnes, en proposant plutôt qu’en imposant. La directrice a eu le courage de faire appliquer une mesure tout aussi impopulaire qu’audacieuse: supprimer les buts de football. Émoi chez certains élèves masculins minorisés, qui découvrent les aléas de la démocratie. Car la décision a été prise par une majorité au conseil d’école. Émoi dans le quartier, avec les voisins qui s’insurgent de ne plus avoir accès à cet équipement public. Émoi même en conférence de rédaction de la «Tribune de Genève», quand un collègue s’écrie: «Ah non, ils ne vont pas commencer à supprimer le football à la récré, c’est toute mon enfance!» On touche sans aucun doute à une corde sensible quand on s’attaque à ce sport ultrapopulaire.

Et pourtant, ce conseil d’école a peut-être raison d’expérimenter et n’a sans doute pas agi dans le sillage d’un féminisme extrémiste, par effet de mode. Le football n’est pas mort dans cette école avec la disparition de ses buts, il continue à vivre avec le système D: des pulls à terre remplacent les lignes de but. Mais il ne dicte plus tout à fait sa loi et laisse la place à d’autres jeux moins conflictuels. L’ambiance dans le préau semble quelque peu apaisée.

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Créé: 26.08.2019, 17h43

Sophie Simon, rubrique Genève

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