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Comment favoriser l’abstention

Alors que les Genevois ont décidé dimanche de réintégrer la gauche de la gauche au sein de leur députation fédérale, ils ont eu le mauvais goût de ne pas jeter leur dévolu sur la tête de liste que Solidarités avait désignée. Peu importe. À Solidarités, on sait mieux que le peuple ce qui est bon pour lui. L’élue, Jocelyne Haller, a donc laissé son mandat bernois au vient-ensuite. Lequel, n’étant toujours pas la tête de liste, a cédé son siège à cette dernière, Stefanie Prezioso Batou, troisième, repêchée au sommet du podium.

Le tour de passe-passe a beau être licite, il n’en est pas moins gênant. Les 39% de citoyens qui ont pris la peine de voter goûteront fort cette façon de donner raison aux 61 autres pour-cent, ceux qui tendent à croire que «de toute façon, ils font comme ils veulent».

Mais plutôt que de sombrer dans l’abstentionnisme, les votants feraient mieux de tirer la leçon de cet épisode. Dans un scrutin proportionnel, tel que l’élection au Conseil national, on vote avant tout pour un parti. Si Jocelyne Haller s’est retrouvée en tête dimanche, c’est que bien des votants l’ont ajoutée à leur liste — sans vraiment comprendre qu’ils contribueraient sans doute à élire quelqu’un d’autre — sur l’air de «je n’aime pas trop son parti, mais elle, je la trouve très compétente». Ce que Jocelyne Haller est. Tellement que son parti l’a utilisée comme un appât, ruse classique dont on use et abuse tout à gauche. Au final, le camp alternatif radical a certes réussi son come-back fédéral, mais en laissant l’impression d’avoir floué les gens.

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