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L’essence même du problème iranien

Résumons. L'Iran détient les quatrièmes plus grandes réserves mondiales de pétrole. De récents sondages dans le sud du pays laissent même penser qu’il pourrait monter sur le podium et rafler la médaille de bronze, juste derrière le Venezuela et l’Arabie saoudite. Et ce n’est pas tout. Téhéran se targue de contrôler aussi les deuxièmes réserves mondiales de gaz. Seule la Russie en possède davantage. Pourtant, c’est bien une crise énergétique et financière qui est au cœur de la bataille qui se joue depuis vendredi dans les villes persanes. L’augmentation massive du prix de l’essence, vendredi, a fait exploser la colère de la rue iranienne.

L’essence, bien sûr, est cruciale puisqu’elle permet de se déplacer pour aller au travail, mais aussi de transporter toutes sortes de produits vers les magasins où chacun peut les acheter. Toute augmentation de prix est ensuite répercutée, c’est fatal. Les Iraniens en sentent donc l’effet très concrètement, dans leur porte-monnaie.

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Mais l’essence, c’est aussi un symbole. Celui d’un État incapable de faire fructifier ses ressources naturelles. C’était le cas bien avant que les États-Unis de Donald Trump ne décident, en mai 2018, d’imposer de nouveau des sanctions économiques. Et c’est évidemment devenu pire depuis lors. Faute de pouvoir exporter son brut en quantités suffisantes, la République islamique est sans le sou. Les caisses sont vides, le contribuable doit se serrer la ceinture. Le régime des mollahs paraît bien démuni.

L’essence, c’est par ailleurs le symbole d’une liberté que les Iraniens n’ont pas encore perdue et qu’ils ne veulent pas voir sacrifiée, eux qui n’en ont pas tant. La liberté de partir en pique-nique en famille, de se faire une virée entre amis et même – rare privilège – de s’adonner à des jeux de séduction dans l’espace public.

Tout cela, le régime le sait, bien sûr. Mais il n’est pas du genre à s’avouer vaincu. À chaque vague de contestation, la répression s’abat sur les manifestants. Quant au «Grand Satan» de Washington, s’il se fait trop agressif, Téhéran sait laisser planer des menaces, par exemple celle d’attaques sur Israël par ses «amis» du Hezbollah libanais. C’est à ça que carbure le régime des mollahs.

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