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Élus romands, réveillez- vous!

On pourrait se taper sur le ventre en évoquant cette époque pas si lointaine, où Christian Levrat, Fulvio Pelli, Christophe Darbellay et Ueli Leuenberger régnaient en maîtres sur quatre des cinq plus grands partis du pays. On pourrait se contenter de se souvenir avec fierté de cette journée où – coup sur coup – Roger Nordmann, Filippo Lombardi et Ignazio Cassis étaient élus à la tête de leur groupe parlementaire, au nez et à la barbe des Alémaniques, et devenaient les numéros 2 de leurs partis respectifs. On pourrait, mais on ne doit pas.

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En Romandie, le regard est souvent biaisé, mais en Suisse, la politique, c’est avant tout une affaire d’Alémaniques. Normal, ils comptent pour les deux tiers de la population du pays. C’est outre-Sarine aussi que se trouvent les plus gros intérêts économiques et le plus grand nombre d’électeurs. Tous les parlementaires fédéraux vous le diront d’ailleurs. Si vous voulez avoir la moindre chance avec une proposition en commission, il faut donner ses arguments dans la langue de Goethe, avec un bonus si vous y glissez deux à trois perles en Schwyzerdütsch.

L’érosion de l’influence des Romands, qui seront bientôt absents des postes clés sous la Coupole, doit donc interpeller les partis. C’est à eux de veiller que les Latins soient bien représentés au sein de leurs organes dirigeants, et pas toujours cantonnés à des rôles de vice-président. Mais c’est aussi aux élus qui viennent de ce côté-ci de la Sarine de montrer leur intérêt à briguer des postes importants, et s’ils veulent vraiment acquérir une envergure nationale, à perfectionner leur allemand et à s’intéresser de près à la Suisse alémanique et à ses particularités, car il y a bien plus de différences entre un Saint-Gallois et un Bernois qu’entre un Vaudois et un Genevois.

«L’érosion de l’influence des Romands, qui seront bientôt absents des postes clés sous la Coupole, doit donc interpeller les partis»

Car la voix des Romands – et des Tessinois – est indispensable à Berne. Le regard et les enjeux politiques ne sont pas les mêmes de part et d’autre de la Sarine, ni de l’autre côté du Gothard. Se passer des Latins – par action ou par omission –, c’est prendre le risque de perdre ces sensibilités essentielles au bon fonctionnement du pays. C’est prendre le risque aussi de se faire oublier de la majorité alémanique sur de grands projets, à commencer par les infrastructures routières ou ferroviaires.

Il y a sans aucun doute parmi la vingtaine de nouveaux élus romands qui débarquent à Berne des personnalités qui ont l’envie et les capacités de faire entendre cette voix. À eux de comprendre que pour porter les enjeux romands, c’est en Suisse alémanique qu’il faut convaincre.

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