Le DIP et l'affaire Ramadan: une gestion calamiteuse

L’éditorial

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Pour la cheffe du DIP, Anne Emery-Torracinta, l’affaire Tariq Ramadan avait mal commencé. Au lendemain des solides témoignages dans nos colonnes de quatre femmes dénonçant des abus de leur «brillant» professeur de collège de l’époque, la patronne du DIP reste muette. Un silence d’autant plus assourdissant que trois de ses prédécesseurs réagissent immédiatement. Il faudra attendre trois jours, une éternité dans ce cas, pour qu’enfin elle s’exprime, «choquée» et déterminée à appliquer la «tolérance zéro» tout en affirmant que des mesures ont été prises depuis 2000 déjà. Le message est lénifiant, comme si l’affaire pouvait en rester là. Nos enquêtes ont montré que des élèves avaient sonné l’alerte, qu’un directeur de l’époque avait été saisi, une fois au moins. Le DIP reste sans voix. Mais il fait un geste, un peu plus tard, en décembre, avec l’annonce de la mise en place d’une ligne verte ouverte aux élèves genevois qui souhaiteraient se confier en toute sécurité. Mais c’est encore notre enquêtrice qui révèle d’autres cas de harcèlement, récents cette fois, dans le même collège. Une procédure administrative a été ouverte dans un cas.


Lire aussi: Affaire Ramadan: la cheffe de l’École dit n’avoir «rien à cacher»


Dans l’affaire DIP/Ramadan, la conseillère d’État assure le service minimum, oubliant l’intérêt public et sans prendre la mesure de l’émotion compréhensible qui ne cesse de croître. Aujourd’hui, le malaise atteint son comble. Le fait que la secrétaire générale du département fut doyenne dans le même collège où enseignait alors Tariq Ramadan n’arrange rien. Anne Emery-Torracinta s’entête et refuse d’ouvrir une enquête interne sur les dysfonctionnements du DIP face au cas Ramadan. Dimanche, elle est à nouveau interpellée par une lettre signée par un groupe d’une quinzaine de personnalités genevoises. Au lieu d’entrer enfin en matière sur une enquête, elle se cabre, promettant d’analyser les «termes probablement diffamatoires» de la missive.

Sa gestion d’une crise qui ne menace pourtant pas le cœur de l’institution est calamiteuse. La panique, les bouffées de chaleur électorales? Comment expliquer autrement qu’elle se fourvoie de la sorte? C’est pourtant simple à comprendre. Le rôle du DIP dans l’affaire Ramadan doit être clarifié. Il y a prescription, certes. Mais la vérité sur les faits de l’époque éclairera ceux d’aujourd’hui et contribuera à ne pas répéter les mêmes erreurs. Une enquête est possible. Qu’elle soit donc ordonnée, sans attendre! (TDG)

Créé: 12.03.2018, 21h02

Pierre Ruetschi, rédacteur en chef

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